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La newsletter de septembre, avec 11 témoignages d’établissements effectués par la Bergerie Nationale dans le cadre d’EDUC’Ecophyto.

La Bergerie Nationale de Rambouillet est en charge, entre autres, de l’animation du dispositif EDUC’Ecophyto

  • EDUC’Ecophyto : Enseignement, DiffUsion et Capitalisation (EDUC) des principes et techniques permettant de concevoir ces systèmes de culture visant à ECOnomiser les produits PHYTOpharmaceutiques.

Dans ce cadre une dizaine d’établissements d’enseignement se sont engagés dans des démarches techniques et pédagogiques visant à réduire l’usage des pesticides et à développer des pratiques agroécologiques.

Ces 11 témoignages sont à découvrir sur Pollen :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Retrouvez la liste de ces établissements dans la newsletter Pollen de septembre 2020 ! (Format PDF)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Enquête et retour d’expérience sur la continuité pédagogique dans l’enseignement agricole : constats et propositions pédagogiques

Cet article s’appuie sur une enquête de l’IFé, un rapport de l’Inspection de l’Enseignement Agricole et le site chlorofil.fr.

Les effets du confinement sur l’activité des enseignants en établissement agricole, une enquête de l’IFé.

L’IFé, l’Institut Français de l’Éducation, a mené en mai – juin 2020 une enquête intitulée « Effets du confinement sur les professionnels de l’enseignement » à l’attention de tous les niveaux d’enseignement, depuis la maternelle jusqu’à l’enseignement supérieur. Elle a concerné l’enseignement public et privé sous contrat, les filières générales, professionnelles, technologiques et agricoles ainsi que l’enseignement supérieur.
Le questionnaire, composé de huit rubriques, portait sur la période du confinement en elle-même, du 16 mars au 11 mai 2020 soit six semaines d’activité et deux semaines de congés scolaires. Ce rapport présente les résultats concernant l’enseignement agricole, à partir de 332 répondants enseignant dans le secondaire dans des établissements agricoles privés et publics. Nous ne citerons ici, de façon forcément subjective, quelques extraits de ce rapport très riche de 41 pages.

Une expérience finalement plutôt positive
Se montrant très proche de la moyenne pour l’ensemble des enseignants, la moitié des répondants en établissement agricole a jugé l’expérience plutôt positive (50,8%), 29,8% plutôt négative, et une minorité très négative (10,3%) ou très positive (9,1%).

Suivre et accompagner les élèves
Plus de deux tiers des enseignants de l’enseignement agricole ont consacré plus ou autant de temps aux relations avec les familles des élèves (69,3%). 51,8% y ont consacré plus de temps, contre 63,5% sur l’ensemble des enseignants, ce qui pourrait s’expliquer par une moyenne d’âge plus élevée des élèves en enseignement agricole ou par des contacts déjà assez fréquents avec les familles avant le confinement.

Le numérique
Peu d’enseignants sont satisfaits des outils et ressources numériques mis en place par leur institution avant le confinement (22,6%). Un tiers les ont même vécus comme un obstacle (35,8%)

Mettre en œuvre des cours pratiques, enseigner et évaluer à distance
15,9 % des répondants insistent sur l’impossibilité de mettre en place des travaux pratiques pendant le confinement. L’importance de cette réponse est notable par rapport aux réponses de la population générale enseignante. Cela s’explique par la particularité de l’enseignement agricole, qui donne une place importante à ces activités.

Les ressources
34% des répondants en enseignement agricole ont apprécié les ressources numériques mises en place par leur institution durant le confinement, contre 28% des enseignants en moyenne, mais ils sont à l’inverse un peu moins nombreux (50,6%) que la moyenne (63,3%) à avoir vu les outils numériques issus d’autres sources comme des atouts.

L’accompagnement (34%) et les consignes de leur hiérarchie (31,3%) ont plus souvent été des appuis que des difficultés (21,4% et 25,6%) et ont plus souvent été appréciés dans l’enseignement agricole que pour la moyenne d’ensemble des enseignants (22,3% et 18,7%).

Meilleure relation avec certains élèves, suivi individualisé et travail sérieux des élèves
Pour un répondant sur cinq, l’amélioration de sa relation avec les élèves est l’expérience la plus satisfaisante pendant cette période de confinement (22,7 % des réponses). Certains répondants estiment que le changement de cadre a permis la redécouverte d’une « relation de confiance », « plus informelle et décomplexée » dans un moment « particulier » qui a rapproché enseignants et élèves.
Un facteur essentiel pour expliquer cette amélioration de la relation, semble être le passage d’une relation de « professeur/groupe classe », à une relation « professeur/élève ». Les répondants ont apprécié « avoir une relation plus personnelle avec les élèves. Les effets négatifs du groupe ne nuisent plus aux élèves en difficultés » et insistent sur la possibilité d’avoir un « échange avec des élèves en particulier qui n’osent pas s’exprimer dans un groupe et qui s’épanchent par mail interposé ». Néanmoins, certains pensent que ces échanges personnalisés se sont faits au détriment du suivi des élèves en difficulté.

Des nouvelles pratiques et des nouvelles compétences pédagogiques
Beaucoup d’enseignants insistent sur le fait qu’ils ont retravaillé leurs supports pour pouvoir les diffuser aux élèves (rédaction de notes, mise au format numérique de cours écrits à la main), ils ont aussi formalisé et mieux structuré certaines leçons, et jugent qu’ils ont eu une plus grande rigueur et organisation dans la préparation des cours.
Souvent, ils ont également cherché à rendre leurs cours plus « ludiques » et ont recherché d’autres ressources que celles qu’ils utilisent habituellement.

Outils numériques et collaboratifs
La première demande de formation concerne la maîtrise des outils numériques et des outils collaboratifs (48,2 %). On observe également une demande d’outils pédagogiques « adaptés à l’enseignement spécifique en lycée agricole » : « comment réaliser et diffuser des films pour montrer les gestes professionnels ? ».

Un rapport de l’Inspection de l’Enseignement Agricole : Analyse des pratiques de continuité pédagogique et éducative

L’inspection de l’Enseignement Agricole a produit en novembre 2020 un retour d’expérience sur la période de confinement, à télécharger sur chlorofil.fr.
La première partie dresse un bilan de la continuité pédagogique et éducative dans l’enseignement technique agricole qui confirme globalement les résultats de l’IFé.
Ensuite ce rapport d’inspection interroge comment passer de la gestion de crise à la conduite du changement. Nous passerons ici sur les questions organisationnelles, le pilotage national, régional ou local d’une crise, pour aller vers les choses plus pédagogiques. Il est bien rappelé qu’il n’est pas question d’encourager la systématisation de l’enseignement à distance ni de prétendre que l’usage du numérique signifie obligatoirement progrès et innovation pédagogique. Mais de cette expérience apparaissent quelques éléments significatifs.

 

Tout d’abord la place de l’implicite.
Le manque d’interactivité a renvoyé les enseignants vers la clarté de leurs consignes. Davantage encore que dans une forme classique, l’enseignement en distanciel nécessite de poser des jalons, d’expliciter les étapes, d’annoncer la durée de la séquence, les activités qui seront proposées, les ressources à mobiliser, les délais de rendu des productions attendues, les modalités d’évaluation… Et pour donner du sens aux activités proposées, le comment ne suffit pas, il importe également d’expliciter le pourquoi, c’est-à-dire les enjeux des apprentissages visés.

Il peut être intéressant de faire un tour de côté de l’enseignement explicite, avec l’approche canadienne et une approche française avec un article de Jean-Yves Rochex, Traquer implicites et malentendus et un autre de Patrick Rayou, Explicitation et réduction des inégalités scolaires (sur le site www2.occe.coop/animation-education).

 

La classe inversée, au service des compétences
Le rapport rappelle que la classe inversée, dans sa forme première, consiste à « donner les cours » en amont de la séance en présentiel, sous forme de textes numériques ou de capsules vidéo et de consacrer le temps en présentiel à résoudre avec les apprenants des problèmes de compréhension à partir de mises en activité et d’interactions.

Une pédagogie inversée pourrait être mobilisée au profit de l’approche par les compétences (ou « capacités » dans l’enseignement agricole). En effet, cette dernière se donne comme objectif de développer le pouvoir d’agir de l’élève en l’amenant à combiner des ressources pour répondre à une situation sociale ou professionnelle complexe. Cette haute ambition nécessite l’apprentissage non seulement de savoirs mais aussi de méthodes d’investigation, de raisonnement, d’argumentation… Autant de démarches actives facilités par l’approche « inversée ».

Nous vous proposons pour illustrer ce thème une vidéo de Marcel Lebrun qui détaille les croisements Présence / Distance / Enseigner / Apprendre.

 

Le regard sur l’hétérogénéité des élèves
Avec le suivi individuel à distance, de nombreux enseignants ont mesuré avec plus d’acuité l’hétérogénéité des élèves, en particulier au travers des corrections individuelles de leurs productions, venues se substituer à la traditionnelle correction au tableau. Trois pistes sont suggérées pour se saisir de l’hétérogénéité des élèves comme d’une opportunité : diversifier les pratiques, différencier la pédagogie, mobiliser l’apprentissage coopératif.

  • La diversification des pratiques, ou différenciation successive, consiste à varier les dispositifs pédagogiques pour toute la classe. Pour ce faire, les enseignants peuvent prendre appui sur un « principe régulateur relativement simple : sur une séquence d’apprentissage, il faut s’efforcer d’alterner des temps de présentation collective avec des temps de travail individuel et des temps de travail par petits groupes » (Meirieu, 2013, p. 88).
  • Différencier la pédagogie (de façon simultanée) « consiste à organiser la classe de manière à permettre à chaque élève d’apprendre dans les conditions qui lui conviennent le mieux » (Laurent S., 2001, in Robbes, 2009). Il ne s’agit nullement d’adapter les objectifs d’apprentissages, mais de s’efforcer de trouver des dispositifs qui répondent de la façon la plus adéquate possible aux besoins et potentialités des élèves. Différencier la pédagogie c’est aussi répondre au principe de l’école inclusive.
  • L’apprentissage coopératif, d’inspiration socioconstructiviste, se propose de faire travailler en groupe des élèves pour atteindre un objectif commun. Prenant acte que les élèves n’arrivent pas à l’école avec un esprit vierge mais avec des préconceptions, et que ces préconceptions peuvent constituer autant d’obstacles à l’apprentissage, cette méthode fait le pari que la confrontation des points de vue crée un conflit sociocognitif. C’est ce conflit qui, favorisant le décentrage, la déstabilisation cognitive, permet la réorganisation mentale inhérente au processus d’apprentissage. Ainsi, au-delà de l’entraide entre élèves qui a pu être observée pendant le confinement, les enseignants gagneraient à organiser des travaux de groupes finalisés, à distance comme en présentiel, et à former les élèves à l’apprentissage coopératif afin de tirer le meilleur parti de l’hétérogénéité de leur public.

 

Scénariser son enseignement et surtout les apprentissages
Il s’agit pour l’enseignant de ne pas se focaliser exclusivement sur ce qu’il doit faire et les solutions techniques à mobiliser mais surtout de se questionner sur ce qu’il veut que les apprenants soient capables de faire à l’issue de la séquence. Ce qui suppose d’anticiper les difficultés des apprenants. Parce que l’enseignant est un spécialiste non seulement de sa discipline mais de la didactique de sa discipline, il connait les principales préconceptions erronées des élèves, leurs erreurs procédurales ou conceptuelles les plus fréquentes.

 

Distances et présences
Cette période interroge également les notions de présence et de distance. Le e-learning et la formation à distance avaient induit une représentation de la présence comme « tous ensemble au même endroit » et de la distance comme « tout seul et éloigné ». L’arrivée de la classe virtuelle brouille les cartes. Quelle que soit la modalité il faut se sentir présent, ne pas avoir « l’esprit ailleurs ».

Le rapport évoque le modèle de la « communauté d’apprentissage en ligne » de Garrison, Anderson et Archer journals.openedition.org . Selon ces auteurs, le sentiment de présence peut se décliner selon trois types de présence : sociale, enseignante et cognitive.

  • La fonction de la présence sociale est de créer une cohésion de groupe et un climat propice aux apprentissages
  • La présence cognitive concerne le travail actif autour des enjeux de savoirs et développe les échanges, le débat, l’analyse réflexive, le conflit sociocognitif, et donc les interactions entre enseignant et apprenants mais aussi entre pairs.
  • Enfin la présence éducative (ou « présence enseignante ») se traduit par la médiation entre le savoir et l’apprenant assurée par la scénarisation pédagogique, les dispositifs d’étayage et tout ce qui soutient l’effort de l’apprenant : les processus de feed-back, les modalités d’entraide, les encouragements…

On voit que ces « présences » peuvent s’activer dans différentes situations, en salle, de façon numérique, en classe inversée…

Ce rapport évoque également les relations nouvelles entre les familles et les équipes pédagogiques ainsi que les relations entre les apprenants, les enseignants et les maîtres de stage ou d’apprentissage.

 

Sur chlorofil.fr : Continuité pédagogique. Garder le lien : quand la maison devient l’école

Enfin vous pourrez consulter sur chlorofil une sélection d’articles sur ce sujet.

  • Continuité pédagogique : comment ne pas creuser les inégalités ? par Guillaume Caron, Sylvain Connac, Laurent Fillion, Carole Gomez-Gauthié, Cyril Lascassies, Cécile Morzadec, Nathalie Noël
  • A distance : continuité, rupture, changement… de quoi parle-t-on ? par Bruno Devauchelle
  • La pédagogie et le numérique : des outils pour trancher ? par Denis Kambouchner, Philippe Meirieu, Bernard Stiegler.
  • La continuité pédagogique, vraiment ? par Pierre Merckle
  • Continuité pédagogique : un laboratoire pour repenser l’école par JF. Cerisier, P. Plantard et B. Devauchelle.

 

 

 




Préparer son PLEPA au Lycée de la Baie du Mont Saint Michel

Le projet d’établissement est actuellement en refonte au lycée de la Baie du Mont Saint Michel. De premières propositions d’orientation existent de la part de l’équipe de direction. Par ailleurs, l’établissement est engagé dans la mise en œuvre d’une action « CASDAR TAE+ » pour réfléchir avec l’ensemble de la communauté apprenante et les partenaires du territoire, à la résilience de l’élevage laitier.

Dans ce contexte général, l’établissement doit réfléchir à animer sa dynamique autour du Plan Local Enseigner à Produire Autrement  (nom de code : « PLEPA Epa2 »).

Une des pistes était de s’inscrire dans les prémisses des axes déjà imaginées par l’équipe de direction dans le cadre de la refonte du projet d’établissement. Toutefois, pour l’équipe d’animation du PLEPA Epa2, partir des 4 axes de l’ancien projet d’établissement risquait fort d’orienter les débats et devenir le cadre des discussions, et non d’en faire une proposition à discuter.  Il faut donc essayer de trouver un autre angle d’attaque qui soit la moins enfermante possible, mais qui permette pourtant d’aboutir à une production tangible et opérationnelle : les personnels ayant à cœur -en particulier avec le contexte de Covid-19- de ne pas s’enliser sur des réunions sans décisions, où chacun prend du plaisir à parler mais où les acteurs ont le sentiment que rien n’avance réellement.

Pour tenir l’équation complexe, l’équipe d’animation composée de Thierry Cherel (directeur adjoint en charge du Lycée), Amandine Bedin (Cheffe du projet Casdar TAE+) et Frédérique Lecarpentier (Responsable de l’animation des écodélégués), l’équipe d’animation a posé quelques principes d’action au regard de leur situation d’établissement :

  • Une recherche de valorisation et de reconnaissance de ce qui se fait déjà dans l’esprit d’EPA2
  • L’envie de partager les moments d’échange autour de l’EPA2 avec les apprenants de l’EPL (lycéens, étudiants, adultes et apprentis),
  • Un besoin de mieux comprendre ce que porte/fait chacun (personnels lycée et CFA) pour renforcer les coopérations et les possibles mutualisations,
  • Définir des critères pour aider à définir et orienter et prioriser les actions « EPA2 » de l’EPL,
  • La nécessité de produire un cadre qui puisse apporter de la cohérence et un confort au travail : porteur de sens et de cohérence, dans la durée (repères, sécurisation, confiance),
  • Un cadre de travail pour animer la démarche.

 

Pour accéder aux retours écrits et  en vidéos, nous vous invitons à consulter le témoignage de l’EPLEFPA de la Baie du Mont Saint Michel ici : https://pollen.chlorofil.fr/toutes-les-innovations/monparam/3758/

Rédaction : Thierry Cherel, Amandine Bedin, Frédérique Lecarpentier (EPLEFPA de la Baie du Mont Saint Michel) et François Guerrier (L’institut Agro, Agrocampus-Ouest, référent CASDAR TAE+)

Remerciements : Emmanuel Bon, Marion Diaz et toutes et tous les participant-es !

Les élèves :

 

Les animatrices :

 

Le chef de projet :

 

Le référent régional :

 

François Guerrier, L’institut Agro, Agrocampus-Ouest, février 2021




PayZZage ! le jeu du puzzle paysager développé par l’UMR BAGAP et le centre Inrae de Bretagne-Normandie, au service de l’agriculture, de la biodiversité et du paysage

PayZZage est développé par l’UMR BAGAP et le centre Inrae de Bretagne-Normandie (Gilles Martel, Estelle Meslin, Audrey Alignier). Son but est de réfléchir au rôle des agriculteurs dans la construction d’un paysage qui favorise la biodiversité et la présence d’auxiliaires de cultures, tout en réduisant la présence d’adventices. Il s’appuie sur les travaux de recherches de l’UMR BAGAP.  

 

Une description rapide ?

PayZZage, c’est un jeu de plateau invitant les apprenants (Bac Pro et post-bac) à mener une réflexion collective pour élaborer un paysage agricole selon les principes de l’agroécologie.  Le plateau de jeu représente un paysage contenant des parcelles appartenant à 2 exploitations et des éléments paysagers (rivière, haies, bois, route). Les apprenants forment 2 groupes et se voient remettre une fiche « exploitation » présentant les objectifs et les contraintes de l’exploitation dont ils doivent assurer l’assolement. Après la réalisation de l’assolement, les apprenants se voient expliquer les conditions favorisant les espèces auxiliaires et doivent repenser l’organisation spatiale des couverts pour favoriser la biodiversité du paysage.

PayZZage offre l’opportunité d’aborder de façon ludique et active des savoirs (connaissances sur l’agroécologie, la biodiversité fonctionnelle, …) de mettre en pratique des savoir-faire (raisonner l’allocation de parcelles en fonction d’objectifs de production et de contraintes, prendre des décisions) et de développer des savoir-être (communiquer, négocier, coopérer, …).

Si vous êtes intéressé et souhaitez participer à la diffusion de ce jeu, l’équipe des concepteurs du jeu conduit actuellement une enquête pour aider à définir la meilleure solution de mise à disposition du jeu : https://enquetes.inra.fr/index.php/352366?lang=fr

L’origine du jeu

Dans le travail de recherches, l’UMR BAGAP a fait des simulations à partir de 8 fermes en faisant varier les systèmes de production, avec des systèmes bovins lait et des systèmes porcins, et toutes les compositions possibles pour voir quels effets cela pouvait avoir sur le paysage. Et c’est ce qui a donné l’idée de faire ce jeu, pour rendre accessible les résultats de ces travaux qui sont des simulations plus complètes mais sur ordinateur.

Les différents temps du jeu :

  • Chaque équipe compose son assolement en tenant compte des contraintes proposées dans la fiche de description sélectionnée par le maître de jeu
  • Ceci amène un premier temps de discussion sur le paysage créé, à partir des choix réalisés et de ce qui les ont motivés,
  • Puis, l’on observe ce que cela donne d’un point de vue écologique sur la flore adventice, les carabes inféodés au milieu boisé et les carabes inféodés aux cultures. Les règles présidant aux effets du paysage sur la biodiversité sont expliquées par le maître de jeu en même temps que celui-ci indique la présence de chaque espèce.
  • A l’issue de ce premier positionnement, il y a un autre temps qui va viser à reconfigurer le paysage, afin de créer un paysage qui va diminuer les adventices et développer les deux types de carabes, considérés comme des auxiliaires de culture,
  • Chaque temps est l’occasion d’un temps d’échange, et des points sont attribués aux équipes ont fonction de l’état écologique et de la prise en considération des attentes de l’éleveur. La double évaluation permet d’aborder les questions de compromis.

Comment se déroule une partie en classe ?

Le principe général est de commencer assez vite par jouer. Le jeu se présente par un plateau qui accueille 2 exploitations qui disposent chacune de 13 parcelles de 5 hectares. Une route sépare les deux exploitations, et 6 des 13 parcelles se situent de l’autre côté de cette route. Un ruisseau et un bois complète le paysage.

Par souci de simplification du jeu, seulement 4 couverts sont proposés :

  • Des prairies temporaires, fauchées et qui le resteront dans du cadre du jeu,
  • Des prairies permanentes qui ne servent qu’au pâturage,
  • Des parcelles de maïs représentent les cultures de printemps,
  • et des parcelles de blé qui représentent les cultures d’hiver (et à paille),

Il est possible d’associer des productions différentes (par exemple faire jouer une exploitation laitière et une exploitation porcine, ou 2 exploitations laitières ou 2 exploitations porcines). Chaque exploitation a des caractéristiques qui lui sont propres. Ces caractéristiques sont données par une « fiche descriptive », le jeu compte actuellement 4 systèmes de production.

C’est à partir de cette description que chaque équipe devra déterminer ses choix de cultures en fonction de ses besoins et de son système de production (maïs, prairies, céréales, etc…).

Une partie pour tester ?

Dans l’exemple que nous avons pu tester, nous avions une exploitation porcine et une exploitation laitière :

 « L’exploitation porcine, se compose d’un élevage « naisseur engraisseur » de 150 truies. Elle a besoin de 500 tonnes de maïs grain et de 350 tonnes de blé ou d’orge. L’exploitant dispose de son matériel de récolte, qui est coûteux, et il a peur de la casse, liée par exemple aux branches d’arbres… (il apprécie assez peu les haies arborées…). 

Pour l’exploitation laitière nous avons 45 vaches laitières. L’exploitant recherche l’autonomie fourragère du troupeau. Pour cela il a besoin de 75 ares d’herbe par vache laitière et de 250 tonnes de maïs, mais également de 30 tonnes de paille pour le logement des animaux. Sachant que ses voisins aiment particulièrement bien voir les vaches laitières à l’ombre des arbres… ».  

Outre le choix des cultures pour alimenter les troupeaux, les apprenants sont amenés à se questionner sur la gestion de la main d’œuvre (différente pour chaque culture), de la distance au siège de l’exploitation et de l’accessibilité des parcelles, de la gestion des éléments fixes du paysage…

En plus des parcelles (tuiles), le maître de jeu propose des bordures de champ (haies et bandes enherbées) que les joueurs pourront ou non implanter.

Ainsi à partir de l’énoncé et du matériel de jeu, les étudiants se concertent et réalisent les calculs, ce qui permet de revenir sur les niveaux de production locale, mais aussi de prendre en compte qu’il y a toujours une parcelle au moins considérée comme moins productive, et que l’on conduit en prairie permanente (par expérience).

Le décompte des points et le temps de la négociation et des échanges !

« Moi je veux une grande parcelle pour optimiser au niveau du travail » « Oui attention, la monoculture ce n’est pas bon pour les adventices ! » « Mais il faut faire attention aux choix de l’autre exploitation ? » « Oui ben pour l’instant on fait pour nous hein ! » « Oui mais là, on est bien obligé de mettre des bandes enherbées à côté des cours d’eau, sinon on va se faire taper sur les doigts… »… effectivement, s’il n’y en a pas cela fait perdre des points sur la partie environnementale !

Lorsque l’on travaille avec des apprenants de lycées agricoles, les premiers paysages qui sortent sont en général organisés en grands ilots, les haies sont limitées pour tenir compte du matériel fragile aboutissant à des paysages avec des adventices et peu de carabes. Ce qui amène à la discussion sur les tensions entre temps de travail / gestion du matériel / équilibre biologique au sein de la parcelle pour moins traiter. Pour se protéger de « l’autre exploitation », les étudiants peuvent mettre des haies, mais cela augmente le travail.

Puis vient le temps du décompte des points, sachant qu’une exploitation a un parcellaire plus groupé que l’autre et peut réaliser des continuités plus facilement.

Les points sont attribués en fonction d’un barème basé sur des observations réalisées par l’équipe de chercheurs. Mais l’enseignant peut faire évoluer le barème si les étudiants proposent une justification particulièrement pertinente.

Il est également possible d’introduire des éléments comme « il y a un vent dominant dans le sens de la route, est-ce que les haies sont positionnées de façon à protéger les parcelles ? », ou « il y a une grande pente, est-ce que les choix sont cohérents avec les risques d’érosion ? ».

Dans un second temps des échanges de parcelles entre exploitants sont possibles…

Configuration de jeu en classe

Pour une partie, il faut compter une séance de 2h, avec une taille de groupe de 6-10 personnes maximum (6 étant un idéal). Dans les 2h, les temps d’échanges et de debriefing sont intégré, ainsi que des apports de connaissances sur les habitats, les règles de décisions des assolements etc. Il est possible de multiplier (à condition d’avoir les plateaux) les groupes : même si cette configuration n’a pas encore pu être testée, les concepteurs du jeu sont en train d’adapter le fonctionnement pour que la séance reste fluide.

De nombreux scénarios d’usages sont à encore à inventer avec les concepteurs (modalité, type d’animation, etc…) qui sont prêts à échanger avec les enseignants.

Contacts 

Pour en savoir plus, et/ou si vous êtes intéressés pour mobiliser ou expérimenter PayZZage, vous pouvez contacter :

Pour l’équipe de PayZZage, Gilles Martel, Chargé de Recherches, UMR BAGAP (Biodiversité, AGroécologie et Aménagement du Paysage), gilles.martel@inrae.fr

Pour l’institut Agro, Agrocampus-Ouest, François Guerrier, Mission d’appui à l’enseignement, francois.guerrier@agrocampus-ouest.fr

 




La laïcité au cœur des valeurs de notre République, à Tours Fondettes Agrocampus.

Dans le cadre de la journée Nationale de la Laïcité et suite à l’assassinat de l’enseignant Samuel PATY, la communauté éducative de l’EPL Tours Fondettes Agrocampus a organisé 2 demi-journées consacrées à la Laïcité.

Cette initiative s’est adressée à l’ensemble des classes, se déclinant par niveau (CAP-secondes / premières-terminales / BTSA), autour d’une pédagogie de production collective.

Afin de mettre nos élèves, étudiants et apprentis en activité et en responsabilité, nous avons mobilisé différents supports artistiques, ludiques (escape game, quizz), des ressources vidéos (docu-fiction, infographie animée), ainsi que des intervenants extérieurs (journaliste, caricaturiste), avec un souci marqué de contextualisation et de co-construction du concept de laïcité.

Découvrez en détail cette action qui a concerné tout l’établissement

 

 

 

 

 

 

 




Les délégués de classes AMBASSADEURS-CITOYENS pour leurs camarades, sur les thèmes de la République française, la liberté d’expression et la laïcité, en Haute Somme.

A l’EPLEFPA de la Haute-Somme, les délégués de l’établissement (lycéens, apprentis et adultes), en binômes, ont pris la place de leurs enseignants/formateurs le temps d’une séance de cours!

Après avoir été formés par les deux CPE de l’établissement et la cheffe de projet et de partenariats, les délégués sont intervenus dans leur classe pendant 2 heures pour sensibiliser leurs camarades sur les thèmes de la République française, de la liberté d’expression et de la laïcité.

S’appuyant sur un diaporama qui structurait la séance, les délégués ont proposé un ensemble d’activités autour de ces thèmes.

Découvrez en détail cette initiative originale

 

 

 

 

 

 




Les troisièmes Rencontres nationales de l’innovation pédagogique, en distanciel, du 31 mars au 2 avril 2021

Les troisièmes Rencontres nationales de l’innovation pédagogique sont organisées par l’Institut Agro Montpellier.

Elles se dérouleront en distanciel du 31 mars 2021 (accueil à partir de 9h00) au 2 avril 2021 à 15h00.

Elles auront pour thème « éduquer, former, innover avec ou sans numérique dans une société numérisée« .

L’inscription est obligatoire pour suivre la totalité des Rencontres : elle se fait via les DRAAF pour l’enseignement agricole public (hors DGER, Inspection et DNA) et via les Fédérations nationales pour l’enseignement agricole privé.

La date limite d’envoi des listes régionales pour le public et nationales par fédération pour le privé est le 18 février 2021.

Les inscrits recevront une confirmation par mail pour le choix des pôles thématiques. Un programme plus détaillé de chaque pôle sera mis en ligne.

Chaque participant recevra une confirmation du ou des pôles dans lesquels ils seront inscrits, valant invitation pour la formation, d’ici au 30 mars.

L’accès aux conférences d’introduction, à la table ronde et à la conclusion seront accessibles à tous (y compris les non inscrits) en ligne. L’accès aux pôles thématiques ne sera possible que pour  les inscrits. source chlorofil.fr

Retrouvez le détail du programme, des pôles… sur Pollen au menu Rencontres : Les rencontres nationales de l’innovation pédagogique, à distance, les 31 mars, 1 et 2 avril 2021.

 

 

 




Réalisation d’un escape virtuel par la classe de première année de CAPA du Lycée Horticole de Lomme

Les élèves de première année de CAPa Métiers de l’Agriculture ont travaillé une semaine complète sur la réalisation d’un escape game virtuel avec l’encadrement deux enseignants et un auteur lillois Teddy Hégo. Ils se sont initiés aux techniques d’écriture et artistiques en s’interrogeant sur la thématique du Vivre Ensemble.

Pour jouez cliquez sur le lien suivant :

https://view.genial.ly/5fe1f97bfa68050cfca3fed1/game-breakout-escape-game-lycee-horticole-de-lomme

Découvrez plus en détail cette initiative !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Elevage de Lotte de rivière et Système Alimentaire Local et Durable pour l’établissement Olivier Guichard de Guérande

Le lycée professionnel Olivier Guichard est un établissement implanté sur la presqu’ile guérandaise depuis 1972. Établissement singulier et sous la double tutelles ministérielles Education Nationale et Agriculture, il  accueille 400 élèves-apprentis sur plus de 22ha au sein de 8 secteurs de formations (Aquaculture, Travaux paysagers, horticulture, Fleuristerie, Cultures Marines, Mécanique et Hôtellerie restauration) https://www.lycee-olivier-guichard.fr/

Le programme national pour l’alimentation, issu de la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche de 2010, doit permettre à chacun d’avoir accès à une « alimentation sûre, diversifiée, en quantité suffisante, de bonne qualité gustative et nutritionnelle».

Dans ce cadre le lycée s’est engagé dans le développement d’un Système Alimentaire Local et Durable d’Etablissement (SALDE)

 

Par ailleurs, la pisciculture française cherche de voies de développement et de diversification. L’enseignement agricole et la formation aquacole peut contribuer à cette démarche et former le jeunes aquaculteurs de demain.

Ainsi, depuis le début d’année scolaire 2020-21, des premiers essais  d’élevage de Lotte de rivière (Lota Lota)  ont été initiés sur l’atelier aquacole continentale du Lycée professionnel Olivier Guichard à Guérande (Loire Atlantique).

 

Découvrez en détail ces deux actions !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Toi + Moi = Citoyens et responsables au lycée de Montravel

Le Lycée de Montravel est spécialisé dans les domaines de l’horticulture, du paysage et de la vente, en formation initiale scolaire et apprentissage, mais aussi en formation professionnelle continue pour adultes.

Une des particularité de l’enseignement agricole, c’est de travailler l’éducation socioculturelle, ce qui recouvre entre autres choses l’éducation à la citoyenneté, l’ancrage territorial, de travailler avec des associations, le développement personnel et professionnel, …

Les classes de CAPa, seconde et première ont suivi différentes activités sur 3 journées banalisées consacrées au projet. Ces activités sont encadrées à la fois par les intervenants des structures partenaires, mais également par des enseignants et du personnel de l’établissement Atos : administration, cuisine, entretien,…

Découvrir ici la description complète de cette action


 

 

 

 




Le Rami Pastoral, un jeu sérieux pour partager, discuter et adapter les pratiques pastorales.

1. Le Rami Pastoral, présentation

A l’origine, il y a le Rami fourrager ®, créé par l’INRA (Guillaume Martin, Mathilde Piquet) et l’Institut de l’Elevage (Jean-Christophe Moreau) pour l’accompagnement collectif des éleveurs et la formation agricole, sur des problématiques touchant le système fourrager. En collaboration avec eux et avec la contribution de stagiaires, Fabienne Launay (IDELE) et Magali Jouven (EC en zootechnie et pastoralisme à l’Institut Agro / Montpellier SupAgro) ont transformé l’outil pour qu’il corresponde aux caractéristiques et aux enjeux des systèmes pastoraux, tout en gardant les mêmes fonctions.

Le Rami Pastoral est un jeu sérieux associant un support visuel « papier » et un simulateur / calculateur informatique sous excel. Il vise à stimuler les discussions au sein d’un petit groupe (éleveurs, conseillers, étudiants) autour des pratiques d’alimentation dans des élevages à composante pastorale. Le Rami Pastoral fournit une représentation fonctionnelle de l’élevage, centrée sur la conduite du pâturage et de l’alimentation. Il met l’accent sur la diversité et la saisonnalité des ressources pastorales et des besoins du troupeau. Il incite à identifier et mobiliser la biodiversité pour concevoir des systèmes économes et autonomes. Les participants sont encouragés à exprimer et débattre de la valeur des ressources pastorales, de leurs possibilités d’utilisation, des pratiques de pâturage et des stratégies d’alimentation ou d’utilisation des surfaces.

Le plateau de jeu est subdivisé en deux espaces distincts par un calendrier découpant l’année en 24 périodes de 15 jours. Au-dessus de ce calendrier, se trouve une zone dédiée à la représentation de l’utilisation de la diversité des surfaces. On y positionne des baguettes « ressource » donnant par grand type de végétation les modes d’exploitation (fauche, pâturage, mode de prélèvement) appliqués au cours de l’année, en précisant au feutre effaçable les surfaces associées à chaque baguette, c’est-à-dire à chaque association « végétation x usage ». L’accent est mis sur la diversité des surfaces pastorales (pelouses, landes, bois) et sur le pâturage. En-dessous du calendrier, se trouve une zone dédiée à la représentation de l’alimentation du troupeau. On y identifie les lots, leur composition, leur taille et leurs stades physiologiques au cours du temps, en utilisant des cartes animaux et en complétant par des annotations au feutre effaçable. On utilise des cartes « ration » (type de surface pâturée, type de complément apporté) pour décrire la composition de l’alimentation de chaque lot, au fil du temps.

La représentation ainsi construite sur le plateau est traduite (en général par le technicien ou l’enseignant) dans le simulateur/calculateur sous excel, en y ajoutant quelques données chiffrées (part des différentes ressources fourragères dans la ration). Le simulateur fournit une évaluation à deux niveaux. A l’échelle de chaque lot, on identifie la part des différentes ressources fourragères dans l’alimentation au cours de l’année, la satisfaction ou non des besoins du lot et par conséquent les variations probables d’état corporel.

A l’échelle du système, des indicateurs de stratégie alimentaire (taux de pâturage, taux de pastoralisme, quantité de fourrages et concentrés distribués) et d’autonomie fourragère sont proposés. Ces indicateurs et les représentations graphiques associées sont « classiques » pour les élevages pastoraux et cohérents avec d’autres outils (stratpasto, par exemple). En complément, il est possible d’estimer, pour les parcours, la part de la ressource utilisable réellement consommée, et la présence ou non d’au moins une utilisation complète au cours de l’année. Ces éléments renseignent sur les évolutions probables des végétations pastorales, sur le long terme.

( taux de pâturage et taux de pastoralisme, quantité de fourrages et concentrés distribués, autonomie fourragère, etc…). Et cerise sur le gâteau, on va pouvoir grâce à lui réaliser des simulations et des adaptations.

 

2. Une utilisation possible pour différents publics

Le Rami Pastoral se veut un outil d’accompagnement collectif pour des publics d’éleveurs. D’après les essais réalisés jusqu’ici, il semble particulièrement utile pour des personnes peu familières avec la gestion pastorale (souhaitant s’installer ou envisageant un redéploiement pastoral) ou alors pour des éleveurs souhaitant revoir leur système d’alimentation en fonction d’aléas climatiques ou de changements dans les surfaces utilisées. Mais ce qui nous intéresse ici, c’est son utilisation dans un cadre pédagogique, en mobilisant des cas concrets.

 

3. Utilisation pédagogique du jeu

Le Rami Pastoral peut être avantageusement mobilisé dans l’enseignement agricole. Si le support informatique reste assez lourd et long à renseigner, la composante « physique » (cartes + baguettes + plateau) représente un support innovant et ludique permettant de stimuler les discussions au sein de petits groupes d’élèves ou d’étudiants, autour de questions concrètes mais simples.

En pratique, un atelier pédagogique de Rami Pastoral nécessite d’être préparé par l’enseignant avec (ou sans) l’aide du support informatique, puis réalisé par les étudiants en mobilisant les supports physiques. Éventuellement, l’enseignant peut utiliser le simulateur et proposer les indicateurs et représentations graphiques aux étudiants, prenant ainsi le rôle du technicien dans les ateliers réalisés avec des éleveurs. Cependant, le plateau peut aussi être utilisé seul ; dans ce cas, l’atelier peut être l’occasion de faire calculer, manipuler et représenter aux étudiants un certain nombre de variables synthétiques caractérisant des pratiques de pâturage ou un système d’alimentation.

Un atelier «Rami Pastoral » peut trouver sa place dans le cadre d’enseignements spécifiques au pastoralisme, pour toucher du doigt les aspects techniques du pâturage sur parcours (saisonnalité des ressources pastorales, modes de prélèvement au pâturage, modes d’exploitation parcellaires, taux d’utilisation des parcours, …), mais aussi dans le cadre d’enseignements plus génériques sur l’élevage, comme support d’une activité pratique permettant de manipuler les concepts et composantes associés aux systèmes d’alimentation d’herbivores (diversité animale et végétale, chargement et chargement instantané, chaîne de pâturage, composition de la ration, besoins quantitatifs et qualitatifs des animaux, …).

L’enseignant peut aussi mobiliser le Rami Pastoral (et en particulier le support informatique) pour concevoir des illustrations mobilisables dans le cadre de cours ou travaux dirigés « classiques ». En effet, à partir d’informations simples telles que l’on peut trouver dans les cas-type Inosys-Réseaux d’élevage (disponibles sur le site internet de l’IDELE) ou dans des comptes-rendus d’enquêtes en exploitation, en simplifiant ou complétant un peu si nécessaire, les bases de données incluses dans le support informatique doivent permettre de concevoir un modèle illustré et chiffré de cas d’étude. A cet effet, l’enseignant peut également, si besoin en interaction avec la Chambre d’Agriculture locale ou d’autres structures compétentes, modifier ou compléter les références proposées pour inclure des situations proches des zones d’étude habituellement prospectées avec les étudiants.

 

4. Un jeu utilisable à plusieurs niveaux d’enseignement

Le rami pastoral a été testé auprès de plusieurs publics scolaires :

­- en BPREA , notamment au CFPPA de Die

– auprès d’étudiants ingénieurs, en  écoles d’agro à Montpellier et à Toulouse

– auprès des licence pro GENA (gestion agricole des espaces naturels) de l’institut Agro de Florac en 2018, 2019 et 2020.

Le jeu peut être utilisé à partir du niveau bac jusqu’à bac+5, avec une possibilité de jouer à 4 niveaux différents, allant depuis la description d’un cycle de production et d’alimentation jusqu’à la conception d’un système d’alimentation pastoral. Selon les niveaux, le plateau pourra être rempli en partie ou en totalité, et le simulateur pourra ou non être mobilisé.

Verbatim d’étudiants :

« ça montre la complexité de l’ensemble du système, et comment tout est interdépendant »

« ça nous fait nous poser plein de questions et mieux comprendre le systèmes : on galère un petit peu au début, puis on commence à comprendre comment les cartes s’emboîtent les unes aux autres »

« ça permet de mettre en lien les différents éléments qu’on a vus en cours de manière déconnectée les uns des autres , ça les met en système »

« c’est une approche systémique visuelle et facile à assimiler »

« ça peut permettre de comprendre la logique d’un éleveur sur la conduite qu’il a avec ses animaux »

 

5. Des documents et des formations pour les enseignants

Un mode d’emploi détaillé du jeu est disponible, ainsi qu’un livret pédagogique qui reprend de manière détaillée ce qui a été expliqué ci-dessus. Il est prévu d’y ajouter des exemples de système « clé en main »  suivant le niveau auquel on s’adresse. Ces documents sont disponibles à l’Institut Agro de Florac, il suffit d’en faire la demande à Nathalie Bletterie ou à Sylvie Robert (@ supagro.fr).

Mais pour bien comprendre le jeu rien ne vaut la pratique, c’est pourquoi des formations seront proposées dès 2021 à l’Institut Agro de Florac dans le cadre du PNF, sur un format de trois jours. Elles allieront théorie sur les systèmes pastoraux, apprentissage du jeu, débat sur les façons de l’utiliser en classe, et enfin réflexion sur la mise en projet au retour sur site. Si vous êtes intéressés vous pouvez d’ores et déjà vous manifester à cette adresse mail : marie-ange.armanet@supagro.fr

 

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