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« Les mots qui font mal » : un projet artistique au service de la socialisation des apprentis de CAPa au CFA de Seine-Maritime

EPL de Seine maritime, Normandie

CFA de Seine maritime Natura Pôle, site d’Yvetot, Auzebosc,

76196 Yvetôt

Tél : 0235955110
Site web : http://cfa.naturapole.fr/
Responsable : Christophe Bridier , christophe.bridier@eucagri.fr
Rédacteur de la fiche : Ghislaine Nouallet et Françoise Héraut, chargées d’ingénierie à Agrosup Dijon Eduter
, ghilslaine.nouallet@educagri.fr
Chef de projet : Maria Saunier , maria.saunier@educagri.fr

DESCRIPTION SYNTHETIQUE DE L’ACTION

Description synthétique de l’action

Le projet : origine et description

Au CFA de Seine Maritime, tout particulièrement sur le site d’Yvetot, depuis plusieurs années, la vie scolaire s’appuie sur des projets artistiques pour développer la socialisation, la curiosité, l’ouverture d’esprit des apprentis, avec le concours de la DRAC et de la Région. Avec la rénovation du CAPa, toutes ces dimensions sont intégrées dans la logique capacitaire ; la « résidence d’artiste » n’est plus un projet « à côté » du CAPa mais un projet intégré dans le CAPa.

LES MOTS QUI FONT MAL, résidence d’artistes autour du conte et de l’image, a embarqué les apprentis de 1ère année des CAPa Metiers de l’agriculture et CAPa Palefrenier  Soigneur dans une aventure tout au long de l’année scolaire 2015/2016 : autour du thème de la tolérance, ils ont apprivoisé les mots, manipulé images, vidéos, illustrations, pour aboutir à la réalisation d’un livret  et à une présentation « déclamation » devant un large auditoire. En faisant  l’hypothèse qu’il y a autant de façons de raconter que de personnes qui en ont envie et qui se lancent dans les histoires. Chacun est donc un conteur potentiel et c’est cette capacité intrinsèque, que les ateliers « apprendre à raconter » vont chercher à révéler et développer. Leur objectif est de générer le cheminement qui amène à la parole, de permettre à chacun de trouver sa propre manière d’avancer et donc de raconter. Parce que conter, c’est donner en spectacle une histoire à partir d’une vision personnelle. Il faut faire avec ce que l’on est : corps, voix, imaginaire.

Les ateliers conte sont constitués d’une succession de jeux d’expression et d’imagination. Des jeux pour faire parler le corps, des jeux dans l’espace, des jeux autour des sens, autour des mots pour faire émerger sa propre manière de voir et donc de dire les choses. L’enjeu est de donner à voir, à entendre, à sentir aux autres. Le conteur donne sa voix aux images pour emmener ceux qui l’écoutent en voyage « dans leur petit cinéma intérieur ».

L’accent est porté sur l’oralité. L’histoire se tisse d’abord à l’oral pour se coucher sur le papier en toute finalité.

Toutes les histoires imaginées au fil des séances seront recueillies dans un ouvrage illustré.

Et pour aller jusqu’au bout du travail autour de la parole, une déambulation contée invitera les spectateurs à apprécier des histoires le long d’un petit parcours au sein de l’établissement.

« L’imagination est encore et toujours le meilleur moyen de locomotion ! »

Les équipes pédagogiques et éducatives, impliquées dans le dispositif « Initiatives CAPa », cherchent désormais à travailler en pluridisciplinarité pour construire et  valider les capacités générales du CAPa Rénové.

A l’origine du projet

L’équipe en charge de la vie de l’établissement a réalisé plusieurs constats témoignant de difficultés avec la tolérance au sens large, avec des discriminations, des difficultés à accepter la parole de l’autre, jeune ou adulte, des comportements d’irrespect qui devenaient habituels, comme  par exemple entrer dans un bureau sans dire bonjour, avec des adultes qui laissent filer, … l’équipe vie de l’établissement a estimé que l’affaire concernait tout le monde, et pas seulement le secteur éducatif. Au final ces constats ont été partagés avec l’équipe pédagogique et le thème de la tolérance est devenu le thème pilote de l’année scolaire 2015-2016 au CFA.

Le cadre institutionnel (Région et DRAC) favorise la conduite de projets culturels, partant du constat que même si l’insertion professionnelle des apprentis est bonne, ils ont parfois une moindre progression professionnelle par manque d’ouverture culturelle.

La conseillère principale d’éducation du CFA sur le site d’Yvetot, Maria Saunier,  a une longue expérience du montage de projets « fil rouge » avec les classes d’apprentis, avec une habitude du  montage du dossier de demande de financement, de la formalisation du projet, du choix des artistes, de la communication avec tous (jeunes, artistes, formateurs, direction), du portage du sens.

Au départ, il y a donc le choix du thème (la tolérance, la violence des mots) et de la production artistique « j’avais envie d’une déclamation de contes » (photo Maria). Vient ensuite le choix des artistes, leur rencontre, il s’agit d’expliquer ce que l’on aimerait et de les laisser faire des propositions. Ce sont 2 artistes qui sont intervenus avec les classes de CAP, une conteuse, Hélène Beuvin et une plasticienne, Anne Lemarchand.

Le déroulé du projet

Une plage de l’emploi du temps des apprentis est dégagée pour le projet, tous les mardis après-midi. Au final, le projet s’étale sur 70 heures au long de l’année.

Au départ, Maria présente le projet aux apprentis, leur dit « je vous ai choisis pour ce thème, je compte sur vous », elle leur passe commande et leur présente les artistes.

Ensuite, les artistes ont plutôt la main avec les apprentis. Elles leurs proposent des consignes du type « formez des groupes de trois mixant les formations CAPa PS et MA », « imaginez une scène qui démarre au CFA », « imaginez qu’il y ait un changement  de situation, un revirement quand vous tombez dans un gouffre et que l’histoire s’inverse », « illustrez vos contes soit avec des  photos, soit avec des  dessins »… Il y a d’abord les ateliers d’écriture de conte par groupe, tous les groupes produisent  un conte, et en parallèle un travail sur l’image avec la plasticienne, et la finalisation d’un livret de contes. Puis la préparation de la déclamation, la mise en scène.

La conduite sur la durée n’a rien d’évident. Le groupe des apprentis peut connaître des moments de lassitude, qui amènent Maria à remotiver les  troupes.

Un public nombreux participe à la restitution : l’ensemble de la communauté est invitée, les établissements à proximité (Lycée, CFPPA), les directions, la Région, la DRAC et la presse, ainsi que les maîtres d’apprentissage  et  les parents.

Ce que le projet a produit

Cette restitution finale sous la forme d’une mise en scène où le groupe des Capa s’est produit devant la communauté éducative a contribué à apporter une image positive et restaurée des apprentis de niveau V aux yeux des formateurs et autres professionnels de l’établissement, pas toujours persuadés de leurs capacités potentielles. De même, cet exercice ambitieux  a apporté fierté, confiance en soi et satisfaction globale aux apprentis qui ont eu le sentiment de se surpasser. Des ressources insoupçonnées se sont révélées à cette occasion, mettant en lumière des apprentis capables de s’exprimer en public et de montrer leur travail.

La production du livret, un labeur à long terme, a permis de travailler sur la maîtrise de la langue et de l’image mais aussi sur la persévérance des apprentis.

La valorisation de ce projet à été faite dans la presse, dans Envie Scolaire (site du ministère qui valorise les projets des apprenants) et sur le site du CFA www.cfa-yvetot.epl76.fr . Cette partie du projet est essentielle pour une reconnaissance du travail des jeunes et dans une démarche « d’estime de soi ».

Ce que le projet aurait pu produire  … Vers un projet artistique intégré dans le cursus du CAPa rénové…

Cette expérience pédagogique fructueuse s’est déroulée en juin 2016. Dans le cadre de l’accompagnement de l’équipe dans le dispositif Initiatives CAPa, l’équipe a pu revenir sur leurs traces et analyser rétrospectivement comment ce projet aurait pu trouver totalement sa place au cœur de la logique capacitaire.

En effet, si au départ le projet a d’abord une visée éducative, on constate qu’il permet potentiellement aussi aux apprentis d’apprendre et de développer plusieurs capacités du CAPa, en particulier

  • La capacité CG21 s’exprimer à travers une réalisation personnelle
  • La capacité CG 31 adapter son langage et son comportement aux situations de communication,
  • La capacité CG 32, s’approprier les normes et cadre de référence d’un collectif

Cela nécessiterait un peu plus d’implication des formateurs dans le projet culturel, une coopération avec les artistes, un lien avec ce qui est abordé en cours, une participation massive de l’équipe du CAPa à la restitution.

Ce type de projet ambitieux, à fort enjeu pour  les apprentis, est utile pour développer à la fois la citoyenneté et des apprentissages de base. Sa place est au cœur de la formation et pas à la périphérie. Viser conjointement des aspects éducatifs et pédagogiques est particulièrement riche et pertinent pour les jeunes, cela nécessite une coopération  importante des adultes référents

 

VIDEOS

Mots-clés : Citoyenneté, Décrochage Ancrochage, Evaluation, autoévaluation, Motivation, engagement, Pédagogie de groupe, de pairs, Pédagogie de projet, Savoirs de base, Illettrisme, Vie scolaire

Voie de formation : Voies mixtes
Niveau de formation : V (CAP)
Initiative du dispositif : Locale
Structure d’appui : Etablissement National d’Appui
Etablissement National d’Appui : AgroSup Dijon
Action du Dispositif National d’appui : Initiative CAPa

Référent : Emmanuel Bon ,emmanuel.bon@educagri.fr

Etat de l’action : En cours
Nature de l’action : Innovation

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