L’intelligence collective, au service de l’éducation, de l’innovation et de la classe.

François Taddei propose un nouvel ouvrage : Apprendre au XXIe siècle, chez Calmann Levy hachette.fr

François Taddei plaide pour une (r)évolution de  nos savoirs. Il nous entraîne dans les méandres du  cerveau, meilleur ami et parfois pire ennemi des  apprentissages. Il se penche également sur comment  apprendre avec les autres, en coopération,  à l’image de ce que font tous les organismes vivants  depuis les origines de la vie, et explore les meilleures  manières de commencer à se poser de bonnes questions.

Il présente son livre dans cette vidéo.


 

 

Cela nous amène à la notion d’intelligence collective, portée au devant de l’actualité par l’ouvrage d’Émile Servan-Schreiber : Supercollectif. La nouvelle puissance de nos intelligences, fayard.fr

Docteur en psychologie cognitive, Émile Servan-Schreiber a été journaliste et ingénieur en intelligence artificielle. Depuis vingt ans, à la tête de Lumenogic et d’Hypermind, il partage son temps entre la recherche sur l’intelligence collective et ses applications pratiques au service d’entreprises et de gouvernements. Cette vidéo montre la puissance d’une intelligence collective « organisée ».

 

  
En complément, cet article de owni.fr montre plusieurs exemples de la petite révolution de l’intelligence collective. 

 

 
Appliquée au niveau local,
l’intelligence collective se traduit en méthodes d’animation des collectifs locaux, au service des bonnes idées et de l’innovation.

 

Pour voir ce que cela peut donner concrètement dans un établissement, découvrez l’article de Monique Royer dans « Les portraits du jeudi » : Éloge de l’intelligence collective, sur cahiers-pedagogiques.com

 

  

Et l’intelligence collective peut être mobilisée en classe, la preuve avec cette exemple : La classe mutuelle, l’intelligence collective à l’œuvre ! présenté sur lewebpedagogique.com

Avec cette vidéo qui présente bien le fonctionnement de cette classe « mutuelle » qui stimule de façon collective toutes les intelligences.

 

 

 

 

 

 

 

 




Un annuaire de 350 chaînes YouTube, culturelles, scientifiques, francophones.

Le Ministère de la Culture, avec sa Délégation générale à la langue française et aux langues de France, a édité un document qui recense les chaînes YouTube culturelles et scientifiques francophones potentiellement adaptées à un usage éducatif.
Les chaînes sont rangées par discipline et chaque entrée indique le nom de la chaîne, cliquable, des mots-clefs, et sa description.

Les thématiques sont nombreuses : Arts et histoire de l’art, musique, audio-visuel, cinéma et jeu vidéo, lettres et littérature… (source cultureveille.fr)

A télécharger en PDF

Ou aussi au format texte Word

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Insectophagia : Apprentissage avec les Jeux Épistémiques Numériques

JEN Lab est un projet qui a été financé par l’Agence Nationale de la Recherche (2014 – 2018) et développé par plusieurs laboratoires de recherche, des équipes enseignantes associées et une entreprise en partenariat.

Dans un contexte marqué par la nécessité de développer l’attractivité des formations, d’accueillir un nouveau public d’apprenants et de concevoir des dispositifs d’apprentissage qui permettent de développer des compétences plutôt que des savoirs strictement disciplinaires, les Jeux Epistémiques Numériques (JEN) apparaissent comme une pédagogie alternative aux approches traditionnelles.

Le jeu Insectophagia est destiné à des élèves de lycées d’enseignement général, professionnel ou agricole.

Il propose un scénario dans lequel les joueurs doivent créer une entreprise pour répondre à un problème de société : fournir en protéines une humanité de plus en plus nombreuse sur une planète qu’il faut préserver.

Pluridisciplinaire, le jeu permet de faire travailler les élèves sur différentes disciplines telles que le développement durable, l’économie, la biologie et l’écologie, les sciences et technologies, l’information et documentation, le commerce, la géographie…

Le jeu étant adaptatif, les équipes enseignantes sont libres de pouvoir retirer des disciplines d’enseignement ou d’en ajouter telles que les mathématiques, les langues étrangères… ou encore d’adapter la thématique pour correspondre aux filières des établissements agricoles.

Télécharger la présentation du jeu en PDF

Description du jeu, documents…. sur jenlab.fr/insectophagia

 

Ce jeu a déjà fait l’objet d’une présentation dans Pollen, au LPA La Martellière, Auvergne-Rhône-Alpes, complétée par cette vidéo. 

 

Pour tous renseignements complémentaires et pour utiliser ce jeu :

  • Jean-Pierre Rabatel, EducTice-IFÉ-ENS de Lyon, PEMF, chargé d’étude, responsable du projet pour l’IFé  jean-pierre.rabatel@ens-lyon.fr
  • Sina Safadi, EducTice-IFÉ-ENS de Lyon, ingénieur d’études / doctorant à l’EHESS/TRAM  sina.safadi@ens-lyon.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Découvrez le guide « Rendre accessible à sa mesure », pour intégrer la prise en compte de la situation de handicap.

Vous trouverez sur le site de l’ENSFEA et sur le site chlorofil.fr le guide « Rendre accessible à sa mesure », en version en ligne mais aussi à télécharger au format PDF.

Ce guide décrits 41 situations scolaires différentes et testées véritablement pour illustrer une réponse donnée aux besoins particuliers de 23 portraits de jeunes en situation de handicap.

C’est également est un recensement d’actions existantes dans les établissements d’enseignement agricole. Celles-ci sont présentées au travers de journées fictives d’élèves fictifs en situation de handicap dans un établissement fictif. Néanmoins, ces situations sont réelles, elles ont été éprouvées et sont opérantes.

La lecture de ce guide pourra permettre au lecteur de décliner ces actions en les adaptant aux jeunes à accompagner, elle doit également l’aider à intégrer la prise en compte de la situation de handicap dans des parcours éducatifs et pédagogiques dont les bénéfices seront profitables à l’ensemble des élèves dans un souci d’équité et dans le respect de l’égalité des droits.

La démarches utilisée pour construire le guide « Rendre accessible à sa mesure » s’inspire de l’ouvrage de 2011 « Apprendre à sa mesure ». Ces deux ouvrages complémentaires témoignent du dynamisme pédagogique et éducatif des établissements publics et privés de l’enseignement agricole technique. La thématique de la persévérance scolaire comme celle de l’accompagnement des élèves en situation de handicap interroge sur les pratiques et les dispositifs. Face à un besoin accru d’individualisation de cet accompagnement, il faut renouveler les pratiques, et les envisager sous d’autres angles. Cela peut susciter des craintes et demander un temps d’appropriation, mais comme certains enseignants le disent eux-mêmes, c’est aussi une chance pour la pédagogie. C’est faire preuve d’esprit d’innovation, c’est enseigner autrement ce qui est une partie intégrante de l’ADN de l’enseignement agricole.

 

 

 

 

 

 

 




Approche didactique d’une Question Socialement Vive Agronomique… appuis et obstacles à l’enseigner à produire autrement.

Nous vous proposons de découvrir (sur tel.archives-ouvertes.fr) la thèse présentée et soutenue le 30 novembre 2015 par Mme Nadia Cancian. Fichier PDF.

Le titre complet est : « Approche didactique d’une Question Socialement Vive Agronomique la réduction de l’usage des pesticides – modélisation du raisonnement agro-écologique et socioéconomique d’élèves et d’étudiants : appuis et obstacles à l’enseigner à produire autrement ».

C’est un document imposant mais riche, pour preuve les têtes de chapitres :

  • La question de la réduction de l‘usage des pesticides de synthèse dans l’agriculture et les paris en termes de formation (p 33).
  • Chapitre 1 : Approche socio historique de l’usage des pesticides et émergence du plan Ecophyto (p 55)
  • Chapitre 2 : La problématique agronomique de la réduction de l’usage des pesticides dans les systèmes de production grandes cultures (p 165)
  • Chapitre 3 : Enseigner-apprendre des controverses. Etat et contribution des recherches sur les questions socialement vives (p 237)
  • Chapitre 4. Partie 4I- L’analyse curriculaire des référentiels Bac pro CGEA et BTS APV (p 289)
  • Partie 4II : Conduire l’analyse des états de la controverse (p 367)
  • Partie 4III – La construction d’une situation éducative. La démarche de recueil des raisonnements agro-écologiques et socioéconomiques à partir d’une situation-problème (p 427)
  • Partie 4IV La définition des niveaux de complexité des raisonnements (p 471)
  • Partie 4V – Eléments de méthodologie pour analyser le corpus discursif (p 503)
  • Chapitre 5. Résultats et discussion (p 531)
  • Conclusion. (p 585)

Il est de bon ton de dire qu’il n’est pas facile de rapprocher la recherche en éducation et les praticiens… Ce document prouve le contraire, en apportant une masse d’informations et de réflexions, détaillées et contextualisées,  utiles à tout enseignant concerné par le plan « Enseigner à produire autrement ».

Et son approche ne demande au départ qu’une compétence : savoir lire…

 

 

 

 

 

 




Edubref, de l’IFé, l’essentiel pour comprendre les questions éducatives

L’IFé, Institut Français de l’éducation, propose un nouveau format, Edubref, en quatre pages pour aborder une thématique.

Le premier Edubref sur les programmes scolaires est paru en mars 2018, le numéro de septembre aborde la question : Comment accompagner l’apprentissage des élèves ?

A découvrir sur le site Eduveille, https://eduveille.hypotheses.org, toujours riche en articles et dossiers.

 




Apprendre à être agriculteur au Japon : un reportage d’Opaline Lysiak.

Opaline Lysiak est enseignante en agronomie au lycée agro-environnemental d’Arras. Elle a choisi de partir un an, de septembre 2017 à septembre 2018, à la rencontre des agriculteurs et enseignants dans 12 pays différents. Elle publie régulièrement sur Pollen des articles sur les pratiques pédagogiques étrangères, repérées pour leur caractère original, inspirant ou innovant (voir la page Tour du monde Agro-écologie).

Apprendre à être agriculteur au Japon

La population agricole japonaise vieillit sans renouveau. Politique agricole, prix des denrées agricoles, crise de natalité, appel des jeunes vers des métiers soit-disant plus gratifiants et moins pénibles… Les raisons de cette perte de dynamisme dans les campagnes sont multiples. Et si la pédagogie dans l’enseignement agricole avait sa part de responsabilité?

Cet article explore des établissements d’enseignement agricoles qui utilisent des méthodes « alternatives » par rapport au système éducatif japonais classique.

Photo 1: les étudiants en pleine plantation de riz sur la ferme du lycée. Sur la droite, Mathilde Astier, journaliste agricole française qui m’a rejoint au Japon pour 1 mois, avec Ryoko, journaliste pour l’association Ainou Kai.

En 2016, 9% de la population du Japon est agricole et l’âge moyen des agriculteurs est supérieur à 65 ans. Pourtant, la formation agricole est très présente dans le pays. Il y a 320 lycées agricoles publics, et il existe aussi dans chaque préfecture une formation en 2 ans, qui ressemble un peu à notre BTS, pour devenir agriculteur. « Pour moi, l’enseignement qui y est donné est très classique à la fois sur la manière d’enseigner et les techniques agricoles » explique Shimpei Murakami, agriculteur bio et enseignant (voir plus loin). En combinant les chiffres de diverses sources, j’ai conclu que 2% environ des jeunes deviennent agriculteurs à l’issue de leur formation.
 

 Une nation nippone de paradoxes… agricoles

Les exploitations s’agrandissent, se modernisent de manière extrême (on parle de « zombification » de l’agriculture japonaise ») ou sont laissées à l’abandon. La formation agricole serait-elle inadaptée aux enjeux d’aujourd’hui et demain? Voici des éléments pour mieux comprendre le contexte:

> La transmission des savoirs pratiques se fait encore majoritairement de père en fils avec peu d’apport de connaissances nouvelles, adaptées aux enjeux actuels et notamment l’agroécologie. Ce n’est pas obligatoire d’avoir un diplôme agricole pour être agriculteur, et ceux qui sortent de l’université d’agriculture vont souvent travailler pour des entreprises agricoles, multinationales, ou pour le gouvernement.

> C’est difficile pour un agriculteur japonais de proposer, tester et développer quelque chose de différent; l’opinion des voisins est importante et on peut être rapidement exclu de la communauté. Les japonais, en partie du fait de la longue histoire du shintoïsme, ont un sentiment d’appartenance très fort à une origine familiale unique. Le peuple japonais est un peuple soudé et harmonieux mais avec en contrepartie une difficulté à s’ouvrir à l’originalité.

> Les Japonais respectent l’autorité, suivent les règles imposées par un supérieur, qu’il soit le chef d’entreprise ou l’enseignant et en général le sens de l’initiative est peu développé. « Nous ne sommes pas bons pour mener de bonnes réunions où l’échange des opinions est réel, conclut Ryoko Tsuboi, qui gère la revue d’une association d’agriculteurs bio. Et les fonctionnaires du Ministère de l’Agriculture sont très stricts et l’innovation pédagogique a peu de place ».

La solution réside en grande partie dans l’éducation, la création d’un terreau fertile dans lequel les jeunes peuvent découvrir à quel point la production alimentaire est à la base de tout. Dès lors, comment former des futurs agriculteurs qui produisent de manière agroécologique, en étant capable d’innover, de prendre des décisions de manière holistique, de s’impliquer dans la vie de leur communauté et dans les instances politiques?

 

Quand l’amour de l’agriculture passe avant la technique

Après 10 mois de voyage et 10 pays, je découvre pour la première fois un lycée agricole où les étudiants sont autosuffisants à 70%. « Le fondateur de l’école estimait que pour répondre aux enjeux alimentaires du Japon, la base était que tous les étudiants apprennent à aimer l’agriculture, explique Aki, qui gère l’internat de filles. Ils doivent développer leur capacité à aimer à travers l’action de produire la nourriture ». C’est cette idée qui a fait naître Ainou High School il y a 55 ans. En Japonais, « Ai » =  « aimer » et « nou » = « agriculture ».

Aujourd’hui 60 jeunes de 15 à 18 ans apprennent l’agriculture à Iga, village situé à 1h30 de Kyoto. « Le travail aux champs a une place importante dans l’emploi du temps des jeunes, parce qu’ils doivent se réaliser à travers l’agriculture et savoir ce que cela représente réellement » explique Michiyo Izumikawa, vice présidente de l’école et professeur de musique.

Photo 2: le nom du lycée « Ainou » veut dire « Aimer l’agriculture »

« Les profs doivent aimer l’agriculture pour pouvoir le diffuser aux étudiants. Il y a un but commun » ajoute Ryoko. Dans nos lycées agricoles français, l’équipe pédagogique n’est pas choisie, formée pour transmettre cette passion et conserver cette vision commune.

 

Les étudiants de 2ème année enseignent aux 1ère année

Ce sont les jeunes qui gèrent la ferme, encadrés par des enseignants ou des employés de la ferme., divisée en 6 sections: fruits, légumes, vaches laitières, cochons, poulets, céréales. Alors que nous participons à la plantation de riz, Tasho explique à ses camarades de 1ère année comment positionner les plants de riz dans le champ. « Cela me faisait bizarre d’expliquer à la place du prof, mais en fait expliquer me permet aussi de mieux mémoriser et perfectionner la technique ».

« Beaucoup de jeunes japonais sont isolés aujourd’hui, ils passent leur temps dans leur chambre et deviennent des adultes qui ne sont pas capables de communiquer avec les autres, explique Shimpei, agriculteur qui enseigne l’agriculture naturelle. Ici, tout le monde, étudiants, enseignants, vit ensemble; la connexion avec les autres et la nature est très forte »

 Shimpei est président d’Ainou Kai, l’association d’agriculteurs bio qui est à l’origine de la création du lycée du même nom. Dans la vidéo suivante, il explique que les étudiants doivent d’abord prendre conscience des connaissances qu’ils ont déjà avant d’aller plus loin. « Souvent ils ne réalisent pas qu’ils ont déjà des savoirs et qu’ils doivent les connecter avec ce dont on parle en classe. Ils doivent prendre du recul par rapport à ce qu’ils pensent et apprendre à critiquer leur pensée ». Shimpei enseigne l’agriculture naturelle quelques heures par semaine et accueille une quantité impressionnante de stagiaires chaque année sur sa ferme. Avec Mathilde Astier, qui m’a rejoint pendant la partie nippone de mon périple, nous avons pu y être volontaires pendant 5 jours.

 

 « Les agriculteurs japonais sont vieux et il faut que les jeunes prennent la relève c’est pourquoi Ainou est si importante car elle forme des agriculteurs passionnés prêts à prendre la relève » explique Yoku, enseignant, pendant la séance de plantation de riz.

Dans cette vidéo, 8 étudiants témoignent de leur intérêt pour l’agriculture et expliquent leurs projets, pour la plupart agricole, une fois qu’ils auront terminé leur formation. 

 « Je fais partie de la 11ème promo et à cette époque 80% des étudiants devenaient agriculteurs. C’est 50% aujourd’hui et toujours beaucoup plus que les lycées agricoles publics du japon, ou c’est plutôt 3% » rappelle Shimpei.

Ambiance internationale et vie en communauté à l’Asian Rural Institute

Trois jours à l’Institut Rural Asiatique (ARI) nous ont suffit pour comprendre en quoi ce centre de formations pour leaders ruraux en agriculture bio est vraiment original. Les étudiants âgés de 25 à 60 ans viennent de pays du Sud, avec en tête l’idée de se former pour mieux mener les projets liés à l’agriculture bio dans leur pays. S’imaginant une formation universitaire classique, certains sont choqués lorsqu’ils débarquent sur place et doivent travailler 3 heures par jour dans les champs pour produire la nourriture qu’ils mangeront pendant 1 an. « Learning by doing » est le crédo de Yukiko, qui explique la philosophie et la pratique de la pédagogie à l’ARI dans cette vidéo:

Découvrez un peu plus l’ambiance et la raison d’être de l’ARI à travers cette vidéo « échantillon » des participants et leurs projets et l’article de Mathilde Astier sur agrophlia.fr.
  

Formation agricole du dimanche pour adultes en reconversion

 60 étudiants âgés de 20 et 70 ans qui viennent apprendre les bases de l’agriculture le dimanche. Voilà le projet du « Small Farmers College » créé par Yoshitaka Iwasaki, ancien créateur de logiciels. « J’ai ressenti en moi, au bout d’un moment, que la vie virtuelle était fausse et qu’il fallait que je me reconnecte aux bases: l’agriculture, le sol, explique t’il tout en jetant à oeil à ses étudiants, en plein repiquage de tomates. J’ai démarré mon activité en tant que consultant agricole puis en créant le concept « My farm » pour valoriser les terrains agricoles non utilisés auprès de citadins qui souhaitent produire à petite échelle pendant leur temps libre ». Après quelques temps il réalise que, pour donner une envergure commerciale à leur production agricole et pour approfondir leurs connaissances, il faut passer à un niveau supérieur. C’est comme ça qu’est né le Small Farmer College.

Photo 3: Un dimanche sur la parcelle de pratique du Small Farmer College. Dans le fond, les étudiants suivent un cours sur les ravageurs de la tomate avant de repiquer leurs plants.

Le public de cette petite école agricole du dimanche se compose en grande partie de citadins qui conservent leur emploi et se forment aux bases de la production maraîchère pendant le week-end. Certains visent l’auto-suffisance, d’autres la commercialisation. Mais tous ont en commun ce ras-le-bol du style de vie citadin, ce désir de retour à la terre, et suivent leur formation avec dévouement. Lors de notre passage, nous avons clairement ressenti cette motivation, notamment à travers les questions des étudiants, nombreux à vouloir venir en France pour développer leurs connaissances agricoles…

 

 

Le réseau des Agron’Hommes prend une envergure internationale !

 Photo 4: l’équipe pédagogique et les étudiants d’Ainou découvrent le projet des Agron’Hommes (avril 2018).

 

Prenez part au projet Les Agron’Hommes pour que vos étudiants partagent l’agroécologie autour de projets pédagogiques innovants avec des agriculteurs du monde entier !

 

 

 




La pédagogie Danoise appliquée en Pologne, l’exemple unique d’une formation en agriculture bio près de Varsovie.

 Opaline Lysiak est enseignante en agronomie au lycée agro-environnemental d’Arras. Elle est partie jusqu’en septembre 2018 à la rencontre des agriculteurs et enseignants dans 12 pays aux contextes pédoclimatiques, sociaux, économiques et politiques très variés. Elle partage régulièrement ses découvertes sur Pollen.

J’ai pu passer un mois à Grzybów (prononcer « Gjibouf »), un lieu étonnant à 1h30 de Varsovie, regroupant une ferme bio, une boulangerie, et une « Folk High School », sorte de mini Université où les méthodes pédagogiques sont innovantes par rapport à la pédagogie classique en Pologne. Une vingtaine d’étudiants ont choisi d’y participer pour se former à l’agriculture biologique, mûrir leur projet d’installation et déterminer s’il est réalisable.

Peter et Ewa Smuk Stratenwerth ont initié ce projet il y a 28 ans lorsque Peter s’est installé en tant qu’agriculteur à Grzybów. Peu à peu le lieu est devenu une vraie fourmilière gérée de façon associative et coopérative par une quinzaine de personnes: ferme bio, boulangerie, accueil d’écoles et sensibilisation à l’écologie et aux traditions locales… et cette fameuse « Folk High School » dont le thème est l’agriculture biologique.

Ci-dessous, l’interview d’Ewa que j’ai réalisée permet de comprendre :

  • Du début à 3’30’’: L’histoire des Folk High Schools, modèle provenant du Danemark
  • De 3’30’’ à 11’03’’ : Les 5 principes des Folk High Schools
  • De 11’03 à 13’ : Exemples de thèmes abordés dans les Folk High Schools
  • De 13’ 18’17’’ : L’exemple de la formation en agriculture biologique à Grzybów
  • De 18’17’’ à 23’ : Une Illustration de la pédagogie par un cours sur le sol

 Les Folk High Schools viennent du Danemark et sont destinées à un public adulte (d’un âge supérieur à 18 ans). Ces « écoles du peuple » étaient à l’origine destinées aux agriculteurs, car cela leur permettait de se construire en tant que personne, se cultiver, coopérer, et cela en parallèle du travail sur la ferme. Aujourd’hui ces écoles sont considérées comme des endroits où on peut apprendre librement sur le sujet que l’on souhaite. Il n’y a pas d’évaluation au sens strict du terme. On y va parce qu’on se demande ce qu’on souhaiterait faire de sa vie, on aimerait détecter quels sont nos talents et compétences, on se demande ce qui peut nous rendre heureux. En résumé, ces écoles permettent d’apprendre sur soi-même et de grandir en tant que personne.

Les 5 principes de base (expliqués dans la vidéo) sont :

  • Un enseignement vivant : le professeur ne se cache pas derrière les livres ou les présentations power point; il prête attention à ce que les étudiants aient toujours envie d’apprendre et s’adapte en permanence au comportement de son public.
  • La proximité entre étudiants et entre étudiants et enseignants. Chacun a son expérience et peut la partager. Une ambiance familiale est créée par le partage de tous les moments du quotidien, et pas seulement les cours.
  • L’équipe (enseignants, intervenants…) est choisie pour sa capacité à maintenir chez les étudiants « la flamme de l’apprentissage ». Cette flamme est maintenue alors qu’il n’y pas de « carotte » : l’obtention d’un diplôme par exemple.
  • L’enseignement est basé sur la coopération et non sur la compétition entre étudiants.
  • On apprend en faisant, et une part très importante est accordée aux activités de création : construction, sculpture, agriculture, dessin, chant, musique… La création permet de découvrir ses talents mais aussi de créer ensemble des mini-projets.

J’ai eu l’occasion de rencontrer Paweł, étudiant à Grzybów, qui m’a assuré que le modèle éducatif polonais ne lui convenait pas. Il a étudié l’informatique 2 ans à l’Université de Varsovie mais les cours en amphithéâtre, donnés par des profs qui n’ont pas la passion d’enseigner, ne lui convenaient pas. La formation en agriculture biologique qu’il termine en janvier 2018, lui a permis de trouver sa voie et créer son projet : une association qui permettra à ceux qui le souhaitent de construire une maison en chanvre en louant des terres de manière temporaire pour cultiver la plante.

Ce modèle est il adaptable à nos lycées agricoles ?
J’ai anticipé vos questions que j’ai vu venir de loin : comment faire quand on a une classe de 30 élèves qui doit être préparée au bac ou au BTS ? Qui de l’architecture des bâtiments et des emplois du temps, qui n’est pas du tout adaptée pour favoriser le « vivre ensemble » aussi bien entre étudiants qu’avec l’équipe pédagogique ?

En fait on peut s’inspirer des principes de base des « Folk High School » au quotidien dans en revoyant nos missions en tant qu’enseignant : favoriser la création, la pédagogie de projet, éviter le bourrage de crâne et redonner la « saveur » aux savoirs. Cela demande une flexibilité, une relation de confiance avec les étudiants, et une remise en cause de la structure de la classe, où il y aura peut être beaucoup plus de vie et de mouvement.  On peut favoriser les échanges informels tout au long de la journée avec les élèves en créant des espaces où on peut boire un café ensemble, car c’est aussi à ces moments que l’apprentissage a lieu. Et puis manger à la cantine avec les élèves, nettoyer ensemble les espaces de vie commune.

Ces idées peuvent se développer et se concrétiser au mieux si, sur le long terme, on imagine une organisation spatio/temporelle des établissements d’enseignement agricole qui permette cela : emplois du temps adaptés, création d’espaces de réunion formelle (type classe) et moins formelle (type salle de café / espace de détente), espaces de création (peinture, sculpture, musique, jardin…). La question de l’évaluation est tout autre et sera abordée dans de prochains articles.

Ces idées méritent d’être réfléchies en groupe de travail, avec des enseignants qui ont déjà mis en œuvre ce genre de chose (Université de Wageningen aux Pays Bas par exemple), l’équipe pédagogique, et bien sûr, les étudiants.

Opaline Lysiak

Plus d’informations sur la formation : http://eul.grzybow.pl

Découvrir les Folk High Schools danoises : https://www.youtube.com/watch?v=UZ2a4NKppOA

Suivez Les Agron’Hommes sur Youtube et Facebook !

 

 




Agronomie, agroécologie et pédagogie, interview de Michel Griffon.

Agronome, et économiste, chercheur au CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement), président du Conseil Scientifique du Fonds Français pour l’Environnement Mondial et de l’Institut d’Etudes du Développement Economique et Social), conseiller scientifique de l’Agence nationale de la recherche (ANR), père des concepts de « double révolution verte » et d’« agriculture écologiquement intensive », Michel Griffon est un spécialiste reconnu de l’agro-écologie.

Dans un entretien accordé au Réseau national EDD de l’enseignement agricole, il explique en quoi consistent ces notions et présente les changements que le passage à l’agro-écologie nécessitent, notamment dans les raisonnements (écologie, pensée complexe, systémie), les apprentissages (modélisation, expérimentation in silico,…) et le métier d’enseignant (situation-problème enseignant-accompagnateur, enseignant-pilote)

Une parole riche dans la perspective durable de « produire autrement » et d’« enseigner à produire autrement », voire d’« apprendre autrement ».

 

Repères

  • Griffon M. (2013). Qu’est-ce que l’agriculture écologiquement intensive ? Éditions Quae
  • Griffon M. (2011). Pour un monde viable : changement global et viabilité planétaire. Éditions Odile Jacob
  • Griffon M. (2006). Nourrir la planète. Éditions Odile Jacob

 

Christian PELTIER
Animateur Réseau National « EDD par une démarche de développement durable dans et par les établissements » –
christian.peltier@educagri.fr

 

 

 

 

 

 

 




Innovation et management pédagogique, un article et un ouvrage pour faire « du bon boulot ».

Deux nouveautés ont retenu notre attention : un article de l’IFé – centre Alain Savary et un ouvrage d’Alain Bouvier.

Le centre Alain Savary publie un article intitulé : « Innover, oui, mais pour arriver ensemble à faire ce qu’on ne sait pas encore faire… «  qui aborde le changement en établissement, le rôle des managers et qui reprends la thèse défendue par Yves Clot, comme quoi « le bon travail », discuté dans un vrai collectif, est au service de la qualité du travail et, au delà,  de la santé au travail. (Vous trouverz ci dessous une courte vidéo d’Yves Clot).

Pour lire l’article complet…

 

En complément paraît l’ouvrage d’Alain Bouvier : « Pour le management pédagogique : un socle indispensable. Connaître – Éclairer – Évaluer – Agir »

Ce livre présente le système éducatif français dans son organisation, comme élément particulier et constitutif de l’État, apporte un éclairage sur la théorie des organisations, notamment dans ses formes les plus récentes (réseaux, e-organisations, systèmes apprenants…), aborde la question des résultats en termes d’évaluation des politiques publiques d’éducation propose des scénarios pour le futur et des pistes pour une évolution réfléchie du système éducatif français.

M. Alain Bouvier,ancien recteur et en charge de nombreuses publications, était intervenu en 2015 lors des premières rencontres nationales de l’innovation pédagogique de l’enseignement agricole.

 

 

 

Intervention Alain BOUVIER – ENFA avril 2015 par ENFA_Toulouse