Liste des actions

Produire de la connaissance en groupe de développement Agricole : TDTI à Caulnes

EPLEFPA de Caulnes, Bretagne, Bretagne

126 route de Dinan

 22350 Caulnes

Tél : 0296839268
Site web : http://www.caulnes.educagri.fr/
Responsable : M’hamed Faouri , legta.caulnes@educagri.fr
Rédacteur de la fiche : Benoit Jamet, Sandrine Poulet, Evelyne Bohuon, Enseignants Agroéquipement, Agronomie, Biologie
, benoit.jamet@educagri.fr

DESCRIPTION SYNTHETIQUE DE L’ACTION

La poursuite de l’expérimentation pédagogique

L’ouverture vers de nouveaux collègues de l’équipe Bac Pro CGEA avec la rénovation comme horizon

Dans la lignée de nos hypothèses pour amener les élèves à mieux réussir les épreuves de  E5, E6, et E7 du bac pro CGEA, nous avons reconduit le dispositif « TDTI : toutes différentes toutes intéressantes » (voir la saison 1) Avec Agrocampus Ouest et Dialogue/Le Gerdal.

L’année 2017-2018 a posé le principe de partager l’expérience avec 3 nouveaux collègues en proposant une démarche de formation-action avec les élèves, Marion Diaz (Dialogue/Le Gerdal) et François Guerrier (Agrocampus-Ouest). Vous trouverez les témoignages des élèves de la saison 2  sur l’action toutes différentes toutes intéressantes 2018 dans la vidéo que nous avons réalisée, avec le soutien de la Collectivité Eau du Bassin Rennais dans le cadre du projet de territoire de la Haute Rance.

Pour l’année 2017-2018, l’équipe mobilisée se composait de Lydie Adam (zootechnie), Sandrine Poulet (agronomie), Evelyne Bohuon (biologie), Benoit Jamet (agroéquipement).

 

Un partenariat sur le territoire

Le dispositif a pu être conduit avec le soutien du syndicat de BV de la Haute-Rance et la

collectivité Eau du Bassin Rennais

Quelques évolutions

Nous avons mis en place une action de formation sur deux fois une journée animée par Marion Diaz et François Guerrier pour :

  • s’approprier les concepts et fondements sur lesquels se base le dispositif,
    • Les fondements de la démarche du Gerdal notamment, la question du langage dans les apprentissages, les dynamiques d’ancrochage, etc…
  • s’entrainer à la méthode d’animation et de questionnement inspirée du Gerdal (avec de temps d’analyse de vidéos),
    • L’idée est de rester sur le principe de se mettre en situation de vivre l’expérience pour apprendre en évaluant l’expérience ensemble
    • Pour cela nous nous sommes appuyé sur des vidéos réalisées spécialement de conduite d’entretien avec un agriculteur
  • planifier et revisiter le déroulé du dispositif,
    • Faire attention aux temps théoriques un peu long pour les élèves
    • Préciser que le but est de stimuler les interactions et les échanges plus que la prise de notes,
    • Faire attention aux moqueries, si cela arrive essayer d’utiliser la situation pour creuser la question de la moquerie au regard de la différence, de la non connaissance de la situation, etc…
  • repréciser les rôles de chacun,
    • Les enseignants ont comme rôle notamment de prendre en note la production des élèves lors des groupes de développement
    • Mais également de souligner les « façons de voir » ou encore les « représentations » des élèves, c’est à dire les associations de type « faire du bio c’est plus de travail » pour en débattre avec les élèves par la suite,

Principaux résultats

Retour sur l’expérience

En 2018, les enseignants et intervenants se sont réunis après chaque séance pour faire le point sur le déroulement de l’action. De ces réunions d’évaluations ont émergé plusieurs remarques et pistes d’amélioration du dispositif pédagogique.

Les premiers retours marquent la réussite de l’action, avec quelques améliorations à apporter, toujours sur l’animation des deux premières séances. Là les élèves et les enseignants n’ont pas toujours su comment se positionner (attitude scolaire versus attitude professionnelle), mélange de timidité et peut être d’un manque de précisions concernant nos attentes.

Accélérer la construction de références techniques

Tout d’abord, les élèves manquent de références techniques pour bien décrire les exploitations dès la première période de stage : il est nécessaire de préparer la séance 1 avec les enseignants afin d’aller plus loin dans la mise en commun. Ainsi, une séance a été ajoutée en amont pour présenter la démarche et le film de la promotion précédente, mais également pour commencer de s’entrainer à présenter son exploitation à des personnes extérieures de façon précise. Pour ce faire, les élèves travailleront en binôme pour comparer leur façon de présenter leur exploitation, puis les enseignants les feront discuter en collectif  pour permettre à celles et ceux qui manquent de données de s’en rendre compte et d’aller les chercher auprès de leur maîtres de stage. Nous devrions ainsi avoir des données plus précises à mettre en commun lors de la première séance avec nous.

Approfondir l’entrainement au questionnement

Par ailleurs, la deuxième séance a été jugée trop longue par les élèves. Il est donc proposé de la couper en 2 en laissant les enseignants préparer le guide d’entretien avec les élèves et en faisant une première visite d’exploitation sans trop de réflexion sur la façon de relancer le questionnement de l’agriculteur. Nous tenterons également de capter des séquences vidéos des élèves en situation de questionnement pour évaluer avec eux la qualité des questions et la relation entre les questions posées et les réponses obtenues.

A partir de leur expérience, il s’agira d’évaluer avec eux « ce qui a été difficile / facile, Comment s’y prendre la prochaine fois ? » pour alimenter leur réflexion.  D’autres vidéos d’entretien pourront leur être proposées. Les questions suivantes seront également abordées :

  • Comment obtient-on des précisions sur les sujets qui nous intéressent ?
  • Selon les relances, qu’est-ce que cela produit ?
  • Utilisation de la carte IGN
  • La prise de notes et le traitement des données

Anticiper le risque de retour à une forme « scolaire » quelque peu infantilisante

Si nous devons être vigilant  à préparer les élèves à se présenter au travers de l’exploitation de leur choix, nous devons l’être également dans la posture des adultes. Lors de la seconde séance notamment, nous avons pris trop de place (en voulant bien faire) en précisant et reprécisant les attendus, ce qui a eu pour effet de marquer une distance avec les élèves et de sortir du cadre de coopération professionnel. Il faut donc sans doute accepter que tout ne soit pas tout à fait parfait, ne pas tout maîtriser et se faire confiance, faire confiance aux élèves,  pour laisser part à l’aventure collective.

Validation du principe de s’appuyer sur leurs connaissances, en particulier de l’exploitation de stage pour les amener à apprendre

Du côté des élèves, nous retrouvons l’intérêt fort pour eux que l’on cherche à s’appuyer sur leur expérience de stage. Nous faisons de la place à ce qu’ils et elles ont vécu, nous reconnaissons ce travail qui a eu lieu en dehors du Lycée en lui accordant une place officielle,  nous considérons leur expérience comme ayant une grande valeur à nos yeux, et cela facilite l’engagement des élèves. D’autant que très vite chacun voulait savoir ce que son collègue avait à dire.

Préparer le travail en groupe de développement

Les élèves partant en stage, ils  renseignent une « fiche signalétique » qu’ils restituent aux enseignants, sur laquelle ils s’appuieront pour présenter précisément leur exploitation de stage lors du « groupe de développement ». Lors de cette mise en commun les intervenants et les enseignants  chercheront à approfondir certains sujets permettant aux élèves d’alimenter leurs fiches « ressources communes » (en vue de l’épreuve E5 du Bac CGEA), fiches qui doivent aider à décrire et analyser comment le maitre de stage prend (ou non !)  en compte la gestion d’une ou plusieurs ressources naturelles (qualité de l’eau par exemple).

Afin de s’assurer de traiter plus en détail ces sujets, des questions guides seront posées aux élèves sur les conséquences sur le territoire. Là encore, une séance intermédiaire au moins sera animée par les enseignants pour prendre connaissance des matériaux recueillis en stage et faire en stage que les problématiques liées à l’eau et autres ressources communes soient bien abordées. Le cas échéant les élèves disposeront de quelques jours pour rappeler leur maître de stage.

Un espace de dialogue professionnel entre élèves et enseignants, animateur-trices

Rappelons que ce dispositif permet que s’ouvre un espace  d’échanges, car le fait que ce soit les élèves qui parlent de leur exploitation fait évoluer les rôles et la relation pédagogique. Ce n’est plus l’enseignant qui pilote (comme pour les visites). Nous parlons d’une ferme que seul l’élève connaît. Il ou elle se sent alors légitime pour s’exprimer, ils-elles osent plus et interagissent. Alors que lorsque ce sont les enseignants qui connaissent l’exploitation, les élèves ne participent pas ou peu. Comme le disent les élèves,   » çà nous bloque « ,  « ils [les enseignants] attendent des réponses précises à leurs questions  »  » on a peur de dire des bêtises ». Et sans doute aussi des moqueries des camarades ! Au vu des remarques des uns et des autres, nous pensons que l’expérience participe du développement professionnel des enseignants.

Évaluer et restituer pour donner de la valeur à la connaissance produite

Pour terminer, nous avons décidé de procéder pour 2019 à deux restitutions des travaux des élèves pour permettre un approfondissement des questions posées entre les deux restitutions :

  • La première restitution aura lieu avant la fin de l’année scolaire (fin mai début juin) devant les élèves du lycée et notamment, s’ils sont disponibles, les BTS Production animale ; elle se déroulera selon le modèle actuel,
  • La seconde restitution aura lieu au courant du premier trimestre de terminale autour de l’élaboration des fiches ressources sur les exploitations de stage.

Comme l’année dernière, un temps d’évaluation avec les élèves sera prévu en fin d’année.

Une attention plus forte sera accordée par l’équipe enseignante pour mobiliser les maîtres de stage, notamment lors de la journée de restitution de l’automne, dans le suivi des questions abordée en stage (principe du carnet de stage), mais aussi en fonction des possibilités du Lycée pour réaliser des visites sur le territoire afin de s’entrainer à questionner les pratiques agricoles et leurs impacts dans différents domaine dont la qualité de l’eau.

En résumé sur les points clés à travailler pour 2019

La saison 3 débutera en janvier 2019. Nous pensons mettre encore plus l’accent sur l’apprentissage du questionnement sur les trois années du Bac Pro CGEA pour mener l’enquête auprès des maîtres de stage.

Concrètement, cela va se traduire par :

  • un travail dès la seconde avec la présentation du projet, l’entrainement lors des visites à chercher de l’information, à collecter, à faire préciser, mais aussi à présenter l’exploitation à d’autres,Une meilleure progression en première bac pro avec plus de séances mais plus courtes en amont du groupe de développement pour mieux rythmer la progression des élèves,
  • faire en sorte qu’au travers de l’expérience ils prennent encore plus conscience de l’importance et de l’intérêt de disposer de connaissances précises pour échanger, et faire en sorte que les élèves aient « plus de répondant [ndr plus de connaissances pour pouvoir engager un dialogue] » lors de la restitution,
  • mais aussi d’associer d’avantage les maîtres de stage pour les mettre dans la connivence, peut-être en leur présentant les vidéos que nous avons pu faire afin que ces derniers visualisent ce que l’on cherche à réaliser.

Groupe projet 2019

L’équipe pédagogique impliquée en 2019 :

  • Sandrine Poulet, enseignante en agronomie, référente enseigner à produire autrement
  • Benoît Jamet, enseignant agroéquipement
  • Evelyne Bohuon : enseignante biologie-écologie

Intervenants :

  • Marion Diaz (Dialogue/Elan Créateur) : sociologue et formatrice indépendante
  • François Guerrier (AGROCAMPUS OUEST) : ingénieur pédagogique

Rappels sur la démarche générale

Une initiative apportée par le Dispositif National D’Appui (Agrocampus-Ouest)

Ce projet est né dans le cadre de la prospective participative sur les changements de pratiques agricoles pour améliorer la qualité de l’eau sur la Haute-Rance et le Couesnon (2015-2017). Un des volets de ce projet était consacré à la diffusion des résultats de la recherche au sein du lycée agricole de Caulnes. Plutôt que d’envisager une diffusion des résultats du projet a posteriori, nous avons choisi de proposer aux élèves du lycée et à leurs enseignants de participer à la réflexion prospective.

En parallèle, le plan « enseigner à produire autrement » de l’enseignement agricole nous paraissait être une bonne entrée au sein des établissements pour envisager une autre façon de travailler avec les élèves. Cependant, nous ne voulions pas que ce projet soit mené en marge de l’activité des enseignants. Par souci d’efficacité, nous souhaitions qu’il soit intégré dans la progression des élèves. Nous sommes partis des préoccupations des enseignants, de leurs pratiques actuelles et du référentiel du Bac Pro CGEA et avons co-élaboré le dispositif pédagogique en lien avec les problèmes rencontrés dans l’établissement. Nous avons travaillé pour cela avec les référents agroécologie du Lycée agricole de Caulnes et de la MFR de Fougères.

Au départ, des préoccupations d’enseignants autour de l’enseignement des questions agroécologiques

Les réunions préalables à la construction du dispositif pédagogique avec les enseignants du lycée agricole de Caulnes nous ont permis de cerner leurs préoccupations :

  • L’ouverture des élèves vers d’autres façons de faire et de voir les choses : certains élèves manqueraient de curiosité, ne seraient pas intéressés par des pratiques plus écologiques ou différentes de celles qu’ils connaissent déjà
  • Sur le contenu, des difficultés pour aborder en classe les questions d’agroécologie : « Les élèves sont réfractaires à l’agroécologie. Quand on parle d’environnement, ils se braquent. »
  • La mobilisation des élèves dans les apprentissages, et notamment sur les questions environnementales : Ils rencontrent des difficultés à faire cours, sauf à « basculer dans une posture d’autorité » : Les élèves se moquent, chahutent. « Ils ne sont pas motivés», ils n’ont pas le « goût de l’effort »
  • La mise en pratique des concepts et des idées pour enseigner autrement : « les concepts, on les a : mais concrètement, comment fait-on en classe pour parler d’environnement quand on a une classe difficile ? » Questions, hypothèses de travail et démarche mise en œuvre

Nous avons traduit ces préoccupations en questions de travail et hypothèses, à partir des travaux du GERDAL (Darré 2006), et des travaux de sciences de l’éducation sur la lutte contre le décrochage scolaire (Collectif 2017). Le tableau ci-dessous synthétise les questions, les hypothèses et comment nous nous en servons dans le dispositif pédagogique.

Questions de travail Hypothèses Concrètement, comment nous testons l’hypothèse
1.       Comment favoriser l’ouverture, l’acceptation des différences pour aborder notamment les questions relatives à l’agroécologie ? Accepter les différentes façons de voir suppose de comprendre le raisonnement qui a amené aux choix Nous proposons de travailler la posture compréhensive des élèves (comprendre avant de juger) lors d’une séance (et d’entrainer cette capacité tout au long du parcours)
La coopération entre élèves sur les pratiques facilite l’ouverture à d’autres façon de voir et de faire Nous proposons un travail en groupe de pairs (à la façon d’un groupe de développement agricole)
Partir de problèmes concrets qu’ils rencontrent sur les exploitations permet d’échanger sur une diversité de solutions et sur les questions environnementales Nous proposons l’animation d’une réunion de problématisation type GERDAL.

Puis, à partir des questions concrètes et pratiques posées par les élèves, nous leur proposons de réfléchir à différentes solutions et à leurs conséquences à différentes échelles :

–         Exploitation agricole

–         Territoire (et donc questions relatives à l’environnement) *

–          Filières et conséquences sur l’économie à différentes échelle (locale, régionale, nationale)

Travailler au développement des compétences de communication et de socialisation en parallèle de l’acquisition de connaissances techniques Les enseignants sont invités à profiter de la mise en place du dispositif pour travailler avec les élèves les conditions d’une bonne collaboration.
2.       Comment mobiliser les élèves dans leurs apprentissages ? Partir des connaissances des élèves favorise leur mobilisation dans le travail  Nous proposons de partir de l’expérience de stage

 

Donner à leur travail une utilité sociale Nous prévoyons une restitution auprès des acteurs du territoire, des maîtres de stage, des acteurs de la recherche

*Les impacts sur la qualité de l’eau sont donc introduits et débattus à partir des questions pratiques posées par les élèves, en limitant le registre idéologique. En effet, le lien de confiance a été établi en amont : ils ont compris qu’on ne cherche pas à imposer les bonnes pratiques, mais que l’on cherche à leur faire partager différentes expériences pour qu’ils se fassent leur opinion et qu’ils puissent faire les bons choix pour eux avec un maximum de renseignements. On leur donne l’occasion de s’exprimer, de débattre, d’apporter des arguments et de les étayer. Nous faisons l’hypothèse que cette co-construction de connaissance entre élèves, accompagnée par les enseignants de biologie-écologie, agronomie et zootechnie permet d’établir les liens logiques entre pratiques agricoles et conséquences sur qualité de l’eau.

 

Rédaction

Marion Diaz, Dialogue

François Guerrier, Agrocampus-Ouest

Benoit Jamet, Sandrine Poulet, Evelyne Bohuon, Lydie Adam Lycée de Caulnes

VIDEOS

 

Mots-clés : Agroécologie, Autonomie, Citoyenneté, Décrochage Ancrochage, Evaluation, autoévaluation, Motivation, engagement, Partenariats, Pédagogie de groupe, de pairs, Pluridisciplinarité (multi), Professionnalisation, dynamique d’équipe, Territoire

Voie de formation : Formation initiale
Niveau de formation : IV (Bac pro, Bac général)
Initiative du dispositif : Locale
Structure d’appui : Etablissement National d’Appui
Référent : Christine Dimeglio ,christine.dimeglio@educagri.fr

Etat de l’action : En cours
Nature de l’action : Innovation
Etablissement National d’Appui : Agrocampus Ouest
Action du Dispositif National d’Appui : Pollen

 

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