Résultat de la recherche avancée de témoignage

Enseigner la transition agro-écologique en équipe pluri disciplinaire en Bac Pro CGEA, témoignage du lycée agricole de la Thiérache.

EPLEFPA de la Thiérache, Hauts-de-France

Le Pont de Pierre

 02140 FONTAINE-LES-VERVINS

Tél : 0323913400
Site web : https://lycee-thierache.educagri.fr/
Responsable : Dominique ROGER – Anne Laure Hamang , dominique.roger@educagri.fr
Rédacteur de la fiche : Dominique ROGER, Coordinateur bac pro CGEA

Chef de projet : Elodie Morlain , elodie.morlain@educagri.fr

DESCRIPTION SYNTHETIQUE DE L’ACTION

L’engagement de l’équipe dans PEPIETA CGEA

Au départ, notre équipe avait des interrogations concernant la préparation des élèves aux épreuves de l’examen validant les capacités professionnelles : l’épreuve E5 sur les choix techniques, l’épreuve E7 sur les pratiques professionnelles, l’épreuve E6 sur le pilotage de l’entreprise bien qu’on y retrouve des similitudes avec les attendus de l’AGEA

L’équipe voulait savoir comment l’enseignement de l’agro-écologie pouvait avoir un impact dans la préparation de ces épreuves.

Les coordonnateurs des différentes années du cycle de formation, relais des accompagnatrices PEPIETA Bac Pro CGEA pensaient qu’il suffirait de concentrer les efforts d’adaptation au changement sur l’enjeu de certification, de réussite aux examens.

De septembre à décembre 2017, les coordonnateurs et enseignants ont découvert le dispositif PEPIETA, reçu des informations, ont été sensibilisés aux concepts fondamentaux (agro écologie et transition agro écologique/évaluation/posture de l’enseignant). Ils ont été également outillés pour faciliter le démarrage de la réflexion de l’équipe. En décembre 2017, les six établissements accompagnés par AgroSup et la Bergerie Nationale se sont regroupés à Dijon. L’appropriation de la démarche a bien évolué, avant, pendant et après de le regroupement, dans la mesure où chaque établissement devait présenter ses besoins, intentions et projets.

A cette époque nous avons compris que l’accompagnement n’allait pas se résumer à un appui pour préparer les élèves aux épreuves mais qu’il fallait raisonner à une échelle plus large, y compris en construisant une nouvelle approche pédagogique. Nous avons pris conscience que nous ne nous étions pas projetés à partir de la lecture du nouveau référentiel et qu’il fallait commencer par là.

Les déclics

En juin 2018, nous avons effectivement observé au moment des épreuves orales, que les élèves avaient du talent (référence aux 12 principes retenus dans l’action PEPIETA Bac Pro). Des jeunes, très réservés, s’exprimant difficilement à l’écrit, ont pu, face aux membres de jurys professionnels, faire preuve d’aisance orale et d’originalité du contenu. Nous avons été surpris, le changement était probant.

Un travail  a été fait par un enseignant en agro équipement et un enseignant en zootechnie, en étant accompagnés sur l’épreuve E7 (pratique explicitée) pour construire la grille d’évaluation et les indicateurs. Ce travail a été repris et a été conforté pour mieux cerner comment enseigner l’agro écologie.

L’approche pluridisciplinaire en actions

Lors du deuxième regroupement, fin 2018 à Dijon, nous avons présenté aux autres établissements comment nous avions bâti une semaine banalisée sur le thème du « pilotage de l’entreprise et des ressources communes » et nous avons expliqué les raisons pour lesquelles, nous n’allions pas reproduire le déroulé à l’identique pour la promotion suivante. Nous ne cherchons plus au cours de la semaine banalisée à travailler les objectifs des épreuves E5 et E6. Il est nécessaire d’avoir un temps spécifique sur l’épreuve E5 de manière à ce que la notion de ressource commune soit comprise.

De septembre à octobre 2018, les élèves ont travaillé à partir de leur exploitation : nous leur avons demandé de construire les quatre fiches de l’épreuve E5 et en particulier la fiche 2. Ce qui nécessite de bâtir un questionnement plus fin.  Tout agriculteur est sensible au vivant même s’il est en système conventionnel, voire intensif, ne serait-ce que par l’utilisation des couverts végétaux. Il faut que le jeune sache chercher l’information pertinente.

En avril et mai 2019, en amont du conseil d’administration, nous avons préparé en équipe les intentions pédagogiques et présenté les projets pour validation. Des temps de concertation par filière ont permis de programmer toutes les activités à l’initiative de l’établissement.

Nous souhaitons élargir la pluridisciplinarité avec les enseignants de matières générales. L’établissement, grâce à l’initiative du professeur d’anglais, incite les élèves de toutes les promotions à effectuer une mobilité européenne. En juin 2019, quinze élèves volontaires sur trois filières (CGEA, Agroéquipement, GMNF) ont effectué une mobilité de 15 jours en Pologne. Sur 2020, avec des financements Erasmus, les volontaires partiront en Pologne en étant accompagnés par une équipe d’enseignants de matières techniques et de matières générales : les effets recherchés sont ceux du développement personnel (ouverture d’esprit/confiance en soi/lien social). Pour les élèves de BAC PRO CGEA, nous leur demandons d’être en capacité de relever des indices par exemple concernant la notion de ressources commune dans le pays d’accueil.

Agro-écologie et rénovation du référentiel

Notre perception du travail à engager a changé.
Nous savons aujourd’hui qu’il faut démystifier l’agro-écologie. En 2019, ceci est plus aisé qu’en 2017 : le souci du vivant c’est l’affaire de tous, de plus en plus d’exploitations sont en en phase de transition, les témoignages des changements de système sont intéressants, la parole est libérée,  il n’y a pas de modèle à bannir, les agriculteurs qui sont passés en agriculture biologique fournissent aisément des données chiffrées qui rassurent les élèves puisque des perspectives s’ouvrent à eux en terme de revenus. La visite et le témoignage sont encore plus marquants quand l’exploitation convertie atteste d’un parc de matériel performant, ce qui aux yeux des jeunes est l’indicateur premier de la réussite de l’agriculteur:

Tout changement génère du travail, de l’effort mais aujourd’hui nous y voyons plus clair sur les bénéfices de la préparation aux épreuves. Nous voyons mieux ce qui est attendu et comment il faut emmener les élèves.

L’engagement durable d’une équipe pluridisciplinaire

Selon nous, des incontournables et des conditions sont à réunir

  • L’adhésion et le soutien de l’équipe de direction à la démarche, aux projets d’équipes
  • Le travail avec la direction de l’exploitation de l’EPL: il est important d’avoir une exploitation d’EPL qui est bien dans la démarche de transition, de reconversion, d’échanges, d’ouverture
  • Le travail avec le réseau de professionnels qui adhèrent aux projets d’accueil des groupes et des visites en présentant leurs démarches
  • Le travail en équipe, le travail par filière, la lecture commune du référentiel et surtout une réflexion sur le cycle de la seconde à la terminale pour s’assurer que tout le monde œuvre dans la même direction
  • Cibler, cerner les visites – se limiter à deux à trois visites par an mais les exploiter pédagogiquement avant, pendant et après
  • S’appuyer dans le contexte local et régional sur le développement des circuits courts, pour fournir aux élèves des exemples concrets de mutation, d’agriculteurs en questionnement
  • Ne pas faire de visites sans préparation, sans objectif pédagogique explicite et partagé

Les actions principales

Nous avons décidé de distinguer le pilotage de l’entreprise de l’épreuve E5 et la notion de ressource commune en première car les élèves ont besoin de temps, de maturité pour penser système global. Nous veillons également à la préparation des futurs stages.

Notre organisation

En classe de seconde

La sensibilisation à l’environnement et à la notion de ressources communes s’effectue tout au long de l’année, dès que l’occasion se présente.

Les notions d’agroécosystème sont apportées dans le cadre du cours de biologie – écologie.

L’exploitation de l’établissement permet d’utiliser les situations vécues par les élèves. L’exploitation est en phase de modernisation des bâtiments d’élevage et de reconversion en agriculture biologique de 7 hectares. Elle offre divers exemples techniques.

L’emploi du temps des élèves est bâti en réservant le mardi matin aux activités de production en productions végétales et en productions animales sur l’exploitation annexée, (4 heures en demi-groupe)

Nos intentions

Au cours du 1er trimestre les élèves font l’acquisition d’un vocabulaire et de références techniques.

L’équipe pluridisciplinaire rassemble les enseignants en agronomie, zootechnie et sciences économiques sociales et de gestion(SESG). Elle veille à préparer, en trois phases la première approche d’une exploitation.

  • préparation de la visite avec élaboration d’un questionnaire
  • observation, écoute et questionnement au cours de la visite
  • restitution sous forme écrite et orale devant l’agriculteur (l’historique, l’exploitation dans son environnement, les facteurs de production, les ateliers)

Le questionnement et la restitution auprès d’un professionnel mettent les élèves en situation de  communication. Par la suite, ils réfléchissent sur la pertinence et l’exhaustivité des questions posées lors de la visite.

L’intention est de rendre les élèves actifs et de les confronter à leur propre logique de questionnement.

Pour cette première approche, l’équipe a choisi une entreprise agricole de son territoire, la Thiérache :

Lors du 2ème trimestre, nous avons les mêmes intentions : nous voulons organiser une visite d’exploitation et mettre les jeunes en situation de communication.

Une variante est conçue pour simuler une épreuve orale face à un jury, pour que les jeunes arrivent à gérer le stress de l’évaluation : Les jeunes participent au concours de la région Hauts de France  Graine d’éleveur. Ils vont, en 2020, visiter une exploitation dans l’Oise  et restituer devant un jury de techniciens.

Le concours sélectionne les meilleurs exposés.

Une autre variante est conçue pour favoriser les échanges, s’ouvrir aux autres et continuer à prendre confiance en soi : Depuis la fin des années 1990, l’établissement entretient des échanges avec la Belgique, avec le lycée agricole d’Ath dans le Hainaut

En 2020, l’établissement va accueillir la délégation belge. Une semaine banalisée est organisée pour les étudiants belges et  les élèves de la Thiérache. Ils partagent l’expérience de visites d’entreprises agricoles et de temps de découverte de la France.

Au 3ème trimestre, l’équipe pluridisciplinaire utilise deux leviers : d’une part la compréhension des attendus des épreuves du diplôme, d’autre part, la sensibilisation à la notion de ressource commune.

  • Le cadrage de l’épreuve E2 du BEPA « Productions animales » est utilisé, après deux semaines de stage en avril. Cette épreuve s’appuie sur un recueil composé d’une fiche contexte et de 5 fiches d’activités rédigées par l’apprenant à partir de son vécu professionnel. Elles ont pour support les séquences de formation en milieu professionnel.
  • La première approche de l’environnement, des espaces naturels : les élèves découvrent le territoire à travers des activités de pleine nature. Les cours d’eau sont fréquents en Thiérache, le VTT et le canoé permettent de voir le territoire autrement. Les jeunes ramassent les déchets, nettoient la rivière et sont sensibilisés à la ressource en eau et aux milieux aquatiques.

En classe de première

1er trimestre
Notre intention est de faire étudier la notion de ressources communes dans le fonctionnement global de l’exploitation à travers deux visites qui mettent en activité les élèves : préparation, visite et restitution écrite et orale.

Paysage et biodiversité : visite d’une exploitation en agriculture biologique qui fait le choix de contribuer à la préservation d’une race locale, la Bleue du Nord et de vendre en direct dans l’Avesnois ; travail pluridisciplinaire en agronomie et SESG http://www.bleuedunord.fr/

Eau, sol et paysage : exploitation laitière et atelier taurillon, avec présence d’un réseau de mares dans de nombreuses parcelles et utilisation de techniques de pâturages dynamiques, technique préconisée par le groupe Pâture Sens, http://paturesens.com pour valoriser l’herbe et diminuer les coûts de production, travail pluridisciplinaire en agronomie et biologie écologie, en partenariat avec le Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement du département de l’Aisne CPIE de l’Aisne http://www.cpie-aisne.com/

La notion de ressource commune est ensuite travaillée à une autre échelle, celle de la santé de tous et de chacun, l’angle de la prévention, de la sécurité et de l’alimentation. L’infirmière de l’établissement et la MSA aident à l’organisation d’un stage de 2,5 jours mi-novembre en prévention sécurité, secourisme et alimentation.

La préparation aux épreuves continue. Les élèves soutiennent l’épreuve E2 du BEPA devant un jury composé d’enseignants qu’ils ne connaissent pas (enseignants d’autres établissements de la région)

2ème trimestre
Les élèves étudient le milieu montagnard pendant une semaine en Haute Savoie. Le matin, ils pratiquent du sport, l’après-midi, ils visitent le territoire ou une exploitation, le soir, en chambres individuelles ils élaborent leurs fiches de visites. Les temps de découverte sont exploités pour susciter la curiosité, la comparaison, la compréhension d’autres techniques.

Puis une semaine banalisée prépare les deux semaines de stage qui vont suivre : stage en milieu professionnel ou mobilité Erasmus en Europe (Pologne). L’objectif est de comprendre le fonctionnement de l’exploitation et d’établir un diagnostic global.

3ème trimestre

L’intention est de transposer les acquis d’apprentissage sur l’exploitation de stage pour préparer les épreuves E5 et E6 et de réaliser les CCF.

En classe de terminale
L’équipe met en place d’un tutorat pour le suivi individuel dans le cadre des épreuves E6 et E5

1er trimestre
L’équipe transforme l’activité de réalisation d’une épreuve du diplôme en simulation d’une situation professionnelle. Une visite est préparée pour appréhender le fonctionnement d’une exploitation agricole dans son territoire, les fiches support de l’épreuve E5 sont constituées et présentées et validées par l’agriculteur et son conseiller de gestion. La collaboration avec l’agriculteur et Aisne-comptagri http://www.aisne-comptagri.fr/, permet d’affiner et d’enrichir les données chiffrées.

Les élèves partent pour trois semaines de stage après cette semaine banalisée

2ème trimestre
Travail sur les itinéraires techniques culturaux dans le cadre des processus de production : incidences des itinéraires de cultures sur les ressources. Les stages en milieu professionnel se terminent en février

3ème trimestre
Réalisation d’un examen blanc comportant les épreuves écrites et orales
Échange avec un établissement proche pour des interrogations orales E5 et E6, pour mettre les élèves en conditions d’examen

 

D’autres resources sont disponibles sur chlorofil. fr pour agir dans le cadre du plan d’action « Enseigner à produire autrement » : https://chlorofil.fr/eapa/pratiques-ressources

 

 

 

VIDEOS

 

Mots-clés : Agroécologie, Analyse de pratiques pédagogiques, Pilotage pédagogique, Pluridisciplinarité (multi), Professionnalisation, dynamique d’équipe, Questions socialement vives, Stages et temps en entreprise

Voie de formation : Formation initiale
Niveau de formation : IV (Bac pro, Bac général)
Initiative du dispositif : Nationale
Structure d’appui : Etablissement National d’Appui
Référent : Myriam Demailly ,myriam.demailly@educagri.fr

Etat de l’action : En cours
Nature de l’action : Innovation
Etablissement National d’Appui : Bergerie Nationale
Action du Dispositif National d’Appui : PEPIETA

 

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